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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Samedi 16 septembre 2006

J’avance. A pas de loup. Non pas pour préserver le sommeil des endormis. Mais parce que je suis terrifiée de peur. Alors je n’ai pas d'autres choix que de marcher lentement.

Pas après pas, je considère ma progression. Je me rapproche du but, tant attendu évidemment, sinon je ne prendrais pas le risque de me faire surprendre dans cette posture, non statique d’ailleurs, le dos écrasé en deux par la peur, toujours la même, les jambes pliées au niveau des genoux, pour ne pas être reconnue et passer pour une personne de plus petite taille que moi, les mains tendues vers l’avant, mais revenant toutes les deux secondes, insoumises qu’elles sont,  vers mon cœur ou mon visage, afin de vérifier que je suis toujours entière, qu’elles sont toujours avec moi.

Une fois les vérifications d’usage effectuées donc par ces mains, je reprends mon chemin.

Un bruit ! Aigu au possible ! Un big bang assujettissant tous mes neurones et abrutissant mes réflexes.

Je tâte mes oreilles, qui tintent à n’en plus finir. Est-ce que la peur est cause de surdité ? Pour le coup, mes mains n’assurent plus leur rôle d’éclaireur en avant de mon corps piétiné par l’angoisse et je me fracasse contre le mur.

Un autre bruit. Sourd, cette fois.

Plus je suis proche du but, plus je suis mutilée. Tu parles d’un rêve ! Ca faisait des jours que nous préparions cela…

Mais rien ne fonctionne comme prévu.

Je ne devais pas prendre peur, sous le fallacieux prétexte qu’il fait nuit en plus…

Une lumière. Aveuglante. Je me colle à la paroi, me glissant presque derrière le tableau, vieillot et que je n’ai jamais aimé. Arghhh. Une chose immonde, une bête qui chatouille se coule entre mon col et mon cou.

Je défaille. Je me sens amoindrie, glissant le long du mur si laid, laid, laid…

Un sursaut, provoqué par un flash explorant mes yeux. Si c’est le cerveau que vous cherchez, ce n’est pas la bonne manière. Mais si vous voulez m’esquinter les yeux plus qu’ils ne le sont, alors continuez.

Mamie crie que c’est pas dieu possible, se promener la nuit dans la seule partie de la maison qui craquèle et craquète.

Un sourire apparaît sur mon visage. Cela l’énerve, elle tente de me relever et accroche ses doigts de fée à mon col décrépi, hurle, mais hurle comme un loup dans les bois, puis se tapit au sol, contre moi, grelottante de peur.

Elle a senti la chose.

Je suis de glace, anéantie et mamie est bouillante.

Je réclame un câlin à ma mère-grand, dont les doigts, agiles, fourragent entre mon visage et mes épaules, menés qu’ils sont par son cerveau, non liquéfié comme le mien, qui leur ordonne de remettre ce signe de l’espoir bien sagement au chaud, dans sa toile.

Je devais aller boucher en douce le tuyau de la petite fontaine, au fond de la remise, qui donc est quasiment abandonnée, comme l’a justement remarqué mamie, mais qui a aussi une fontaine qui fuit, fuit, fuit…Et qui nous gêne, nous les petits joueurs, dans nos constructions de sable. De toute façon, on ne pouvait déplacer les tas de sable.

 

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Sablier des Jours

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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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