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  • : Un mot d'ordre :jouons avec les mots, décrivons, écrivons. Actu : Je ne suis plus co-animatrice d'Ecriture Créative depuis quelques jours...parce que j'ai mis en place mon propre atelier d'écriture! c'est la Vallée des Mots, petit endroit vert et douillet où l'on s'amuse avec les...mots!http://fr.groups.yahoo.com/group/valleedesmots/ Marina.P.10.12.2006
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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Mardi 19 septembre 2006

Petit Feuilleton en plusieurs épisodes, comme dans les vrais...Action!

 

Une jeune femme vient de naître…

Elle se repoudre négligemment le nez, puis éternue, pestant contre cette horrible poudre de pomme de terre, qui ne sait que s’agglomérer.

Elle se regarde encore une fois dans son miroir de poche, saluant au passage cette jolie invention. Vraiment, merci Papa et Maman de m’avoir mise au monde.

Clic, le boîtier d’or se referme. Clac, le sac à main en crocodile croque la main de sa maîtresse, puis la délaisse pour ce joli palet doré.

Tiens, un cahier. A spirales, bien sûr.

Extirpé de ce nid douillet qu’était le baluchon de la demoiselle, le cahier regarde de biais Ninon qui lui parle doucement, gentiment, pour ne pas l’apeurer.

-         Petit, petit, approche de Maman Ninon. N’aie crainte, je ne te ferai que de douces caresses, remplissant joliment ton ventre plat, seulement composé de feuilles encore trop blanches. Je les noircirai, les abreuverai, les nourrirai d’encre bien dégoulinante de ma plume.

Pfuit, le cahier se contracte et se fait feuille de vélin entre ses paumes, tant de bonheur inespéré lui arriverait enfin…

 Ninon sort du travail, court, rate son bus, crie de rage, reçoit quelques gouttelettes d’eau en pleine figure. Quoi ! La pluie a décidé de se mettre contre elle aussi ? Déjà qu’il y avait le temps, grand horloger régissant toute vie, même celles dont il n’a que faire. La partie est donc perdue pour aujourd’hui.

Qu’à cela ne tienne, mes chers ennemis qui  adorez vous jouer de moi, se dit, enjouée et retapée, Ninon. La voici sortant le7 cahier de son sac, prête à sacrifier la première page sur l’autel de la colère, en guise de déclaration de guerre ouverte au Temps et à la Pluie.

Petit Un.

Ma journée de travail est finie. Mais pas ma journée de peines, apparemment. En effet, deux éléments peu contrôlables ont décidé de se liguer contre moi.

L’un égrène des minutes à rallonge lorsqu’elles devraient être aussi vives que des secondes, et l’autre envoie des milliers de gouttes là où on a déjà des hectolitres d’eau stagnant dans les nids-de-poule, sur les routes.

La tâche est ardue. La mienne. Pas la leur.

Je ne sais comment procéder pour évacuer ces deux dissidents de ma vie.

Je vais probablement commencer par m’attaquer à la Pluie.

Demain.

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Samedi 16 septembre 2006

Un jour de grand vent, pas âme qui vive dans les rues. Chacun chez soi, et la peur pour tous. Les grands arbres se balançaient, se tordaient sous les assauts de cet Eole furieux. Si furieux qu’il chasse le jour, invite la nuit à s’installer, compagne de toujours.

Les animaux sont tapis dans les anfractuosités des grottes avoisinantes, guère hospitalières, mais formant tout de même abri. Elles acceptèrent d’ailleurs de s’agrandir sous l’affluence des bêtes terrorisées.

Ainsi relogés pour le temps que durera la tempête, ces animaux font de leur mieux pour ne pas se marcher dessus, et pour se trouver en bon voisinage.

Une rumeur courait déjà, celle de la violence contenue. Certains n’avaient pas eu le temps de manger avant de se réfugier au sein de la montagne…

Chacun y mettait du sien, mais voir se dandiner devant soi un succulent repas lorsqu’on est affamé n’est pas chose qui laisse indifférent.

La soif toucha d’abord une petite partie de ces réfugiés. Certains clignaient des yeux plusieurs fois de suite pour s’assurer qu’ils n’étaient pas victimes d’un mirage lorsqu’ils s’aperçurent qu’une fontaine jaillissait devant eux. Plus l’animal clignait des yeux, plus l’eau se faisait abondante et chantante. Alors, en un seul mouvement, les assoiffés assaillirent l’onde vivante, qui fut dépecée en une minute.

Les autres regardaient sans comprendre, n’étant pas encore touchés par la soif, ils ne ressentaient pas le besoin de happer les gouttes.

Mais la faim était toujours présente.

Le premier repas eut lieu en silence. Une araignée, tissant sans bruit depuis le début sa toile, y prit un moucheron, qui se croyait dans un hamac et zézayait à ses cousins son bonheur de pouvoir tout de même trouver le sommeil. La famille de cette victime se mettant à sa recherche, se vit prise dans les filets de la dame aux huit pattes. Plaintes et cris angoissés furent assourdis par le brouhaha ambiant. Tout la famille y passa, et l’araignée, repue, proposa même, dans un élan de générosité, son hamac à un doryphore, qui, ni assez bête ni suffisamment fatigué, refusa tout net la proposition et s’en alla conter cette histoire à ses voisins.

Un murmure de réprobation enfla alors, car l’on savait bien que l’araignée ne tissait sa toile que pour y récolter un butin devant la nourrir.

Cette dernière, sans autre sommation, dut replier sa toile et s’en aller. Elle le fit non sans pousser de nombreux jurons et  de mauvaises imprécations.

Le calme revenait peu à peu, la faim aussi. Chacun tentait de penser à autre chose qu’aux nombreux gargouillis qui s’extrayaient de ces bedaines affamées.

Tout à coup, une ombre jaillit et fit taire de stupeur tous les habitants de la grotte. La lune s’étant levée, elle permettait à quelques branches presque désossées de se refléter et de jouer aux ombres chinoises. Le jeu dura longtemps, et s’arrêta lorsque les ombres quittèrent les arbres, pour devenir indépendantes et s’approcher de plus en plus de l’entrée de la grotte.

Ce qui pouvait être un spectacle envoûtant bien qu’effrayant devint alors une source d’angoisse non contrôlable.

Une ombre, plus géante que les autres, se mit à courir devant ses comparses, créant quelque grande agitation à l’intérieur de la grotte. Elle se trouva très rapidement au seuil du refuge, tapant du pied, griffu de branchettes, à quémander sa pitance.

Son râle, anxiogène, cherchait toutes les oreilles possibles, les assiégeait et s’y engouffrait jusqu’au tympan.

Les animaux, apeurés, tétanisés, ne se sauvaient plus en tous sens. Ils restaient sur place, comme fixés au sol, voyant la mort approcher d’eux à une vitesse folle.

Un sanglier, assailli aussi par la peur, certes, ne réfléchit cependant plus un seul instant et fonça sur cette ombre malfaisante. Il fonça, fonça, fonça…et finit en dehors de la grotte, avec une ombre accrochée aux défenses. Le spectre était crevé, il s’agissait de profiter dorénavant de cette ouverture.

Quelques autres animaux mirent de côté leur couardise et attaquèrent le flot d’ombres.

Une longue plainte se fit entendre. Un cri.

L’aube se levait. S’étendait. Tentait de se défaire de ses courbatures dues à la vieillesse.

Elle fit tinter les coups de l’horloge creusée dans un tremble, choisi pour sa résistance, annonçant ainsi une nouvelle journée de labeur pour les animaux.

Or, pas un mouvement. Elle n’entendit ni ne vit rien. Personne dans la forêt. Etait-ce seulement possible ?

Bien sûr, il y a avait eu la tempête, dont on voyait les restes à terre, mais pas de traces de pas. Ou plutôt, si, en voici. Elle convergent toutes vers le même endroit.

L’aube se pencha vers la terre, afin de voir ce qui se tramait dans cette grotte étincelante. Des lumières dansaient sur les parois.

Un incendie s’était déclaré. On ne sait comment. Les cigales étaient sourdement accusées, du fait qu’elles ne cessaient de frotter leur élytres, comme des silex.

L’agitation avait gagné tous les occupants de la grotte. Les uns marchant sur les autres pour être le premier à sauver sa peau, les autres poussant du sabot les uns pour se frayer un passage parmi cette équipe affolée.

Une trappe, à l’entrée, tout à coup, s’ouvrit, béante, affamée elle aussi. Elle découvrit un escalier sans marches. Un tombeau. Les chutes se firent en fracas. L’aube, tenta bien d’appliquer au maximum de légers rayons ce piège, mais il était bien trop tard pour la plupart des animaux.

Les seuls rescapés furent ceux qui avaient marché sur les autres, évitant ainsi l’engloutissement.

 

 

 

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Samedi 16 septembre 2006

Je suis seule, seulette, seulement. Peu importe la terminaison, la situation ne change pas.

Alors j’ai décidé d’accepter la proposition de cette personne douteuse. Oui, à moi, on m’a proposé d’avoir un truc en plus, de posséder quelque chose que les autres n’ont pas, de sortir du lot, de me démarquer. Ouf, je n’en pouvais plus.

Donc, j’ai accepté. Je ne le regrette pas, enfin pas encore. Mais peut-être que je n’aurai plus jamais de regrets, si ça marche…

Mettons en pratique ce fameux don. Il paraît que ça fonctionne  dès la première utilisation. Et que c’est garanti sans danger. Enfin, bon, je vais plutôt le tester sur une partie peu importante. On sait jamais, si ça rate.

Que voudrais-je changer ? les cheveux, oui, cette masse inerte et terne. Non, non, mes mains, en faire de jolies mains fuselées, des doigts de fée, oui. Ou plutôt s’attaquer à ces jambes informes, qui ne me permettent même pas de participer à des castings. Franchement, qui voudrait d’une vie sans paillettes ? Ah, je sais, je vais commencer par changer mes yeux. Autant les faire bleus, puisque j’ai les cheveux marrons. Ce serait un contraste intéressant, pour ne pas dire joli. Ensuite, je pourrais mettre un peu d’éclat et de douceur dans ces cheveux fous, qui se cabrent sous la brosse, pour se remettre automatiquement en place une seconde après. Je suis sûre qu’ils font exprès, ils font semblant d’être dociles. Ils seraient fourbes que ça ne m’étonnerait pas ; je les enlève donc et les remplace par une immense et resplendissante chevelure couleur des blés, comme dans les magazines en vogue.

Bon, et le reste, je verrai au fur et à mesure, car j’ai beaucoup de travail en perspective. Je préfère attendre de voir le résultat des cheveux, non des yeux. Euh, peut-être les ongles alors en premier. Comme  ça, si ça ne fonctionne pas comme je l’aurais souhaité, je colle des faux ongles et hop, tout est effacé.

Bien, en avant. Je prend profondément ma respiration, comme si j’allais chercher des cailloux au fond de mon gosier, comme si j’étais un oisillon apeuré qui a besoin de beaucoup de courage pour actionner ses petites ailes. En avant ? allez.

Il faut que je me concentre et prononce les formules à voix basse, c’est explicitement  indiqué dans le manuel de sortilèges. Je veux de jolis ongles pas dépareillés du tout, rosés, sans la moindre écaille, avec la plus grande brillance. Ouiii, je désire ces ongles du plus profond de ma conscience, je ne peux plus vivre sans, j’en ai réellement besoin.

Je ferme les yeux, et frémis d’avance de plaisir à l’idée de voir le résultat. Je n’ose plus ouvrir les yeux. Et si jamais j’avais transformé mes mains, pas si mal que ça au départ en fait, en grosses griffes, telles les canines du miacis. Oh non, je ne peux pas rester ainsi, les yeux clos.

Il faut que je téléphone à mon amie, elle va venir, m’aider. Heureusement que mon portable est autour de mon cou, je reste sur place, immobile, pas un pas. J’arrive très facilement à attraper mon téléphone, mes mains doivent être à peu près normales alors. Il faut que je calme ma peur. Que j’enraye mon angoisse. Rien que de penser au mot peur, cette dernière redouble d’énergie. Je suis dévorée par l’angoisse de ce que je vais découvrir en ouvrant les yeux.

Et si j’essayais d’en ouvrir seulement un, un tout petit peu ? juste quelques secondes…

La peur, l’angoisse, la crainte, l’anxiété, voici mes compagnes. Elles ont boulotté la moitié de ma vie déjà. Il faut que je prenne le dessus, que je maîtrise ces riens du tout, ces traînées.

Ça y est ! j’ai ouvert l’œil droit. Pas complètement, certes, mais ce n’est pas ce qui compte. Je fixe le plafond. De crainte de croiser mes ongles. Ne pas bouger l’œil, même si une poussière s’y déposait.

Je referme mon œil. J’avale difficilement ma salive, et manque de m’étrangler. Je crachote,   reprends mon souffle. On dirait une phtisique. De quoi ai-je l’air ? probablement d’une folle. Mais d’une folle qui a peur, ça change tout. Je ne suis pas folle tout court, pas folle déjantée sortie des rails, pas folle à lier. Soumise. Voilà, ma vie est résumée à ce mot. J’appréhende tout.

J’ai trouvé une solution. Je vais réciter le sortilège libérant des forces du Mal. Oui, car la peur étant mon mal, elle sera ainsi terrassée. Je serai libérée, désenvoûtée, prête à m’envoler vers d’autres cieux. Bon, en fait, le ciel étant un peu trop haut, soyons réalistes. Je prends juste une autre vie.

Ultime effort de concentration, faire appel à ma chère mémoire ( la flatter ne peut que porter bonheur). J’entends des bruits bizarres, mais je ne vois toujours rien, les yeux complètement clos. Les bruits sont de plus en plus forts. Ils sont étonnants. Presque divertissants. Je suis curieuse de voir ce qui se cache derrière ce tintamarre.

Oh, c’est un spectacle magnifique. Je suis sur un podium, à un défilé. Hi hi, je n’avais même pas reconnu le bruits des appareils-photos. Vite, je me pousse, car je vais gêner tout le monde.

Applaudissements. Je fais de même. Les gens se lèvent et rient. Je ris aux éclats, car c’est une ambiance chaleureuse et un rire communicatif. Je m’avance vers cette jeune femme qui porte la robe de mariée afin de la féliciter, car elle a un port altier. Elle a de la classe.

Que se passe-t-il ? Elle ne me voit pas. Elle ne prend pas cette main manucurée que je lui tends. Tiens, au fait, ma main, je peux la regarder maintenant. Sans peur.

Stupéfaction. Plus de mots pour décrire cette abomination. Je ne vois plus mon corps. Je ne me vois plus. Où suis-je ? Mes chers défauts, revenez. Immédiatement. J’ai besoin de ce corps, si imparfait soit-il !

Je me sens faible. Je n’ai plus la force de partir à la recherche de ce que j’ai perdu. Si j’avais une once de main, je ne pourrais même plus la soulever. Pire qu’une phtisique, oui !

Et ces pilules miracles qu’il fallait avaler en disant chaque incantation…Il s’est bien moqué de moi, cet homme louche. Dis-leur, dis-leur, voilà ce que tout le monde dit en parlant de lui. Mais dire quoi, bordel ? Je n’ai plus de langue, plus de bouche, plus de peur, oui, mais plus de vie en moi. Plus que cette âme, qui est en train de foutre le camp d’ailleurs !

Annihilé, mon corps ; disparus mes défauts ; partie, ma vie.

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Samedi 16 septembre 2006

Ils sont cons, qu’on m’a dit. Même qu’ils jouent la comédie, c’est pour cela qu’ils sont connus. Mais pas vu, pas pris, alors, moi, je ne les connais pas. Et puis pas d’a priori. Attention tout de même, car il paraît que ce sont  des gens qu’on…chut, ne surtout pas le dire, de peur de donner naissance à cette engeance de mots !

 

On m’a aussi dit qu’ils ne sont pas tous pareils, ces terriens ; vision terre-à-terre oui ! Existence privée de rêves. La guerre sans trêve. Le malheur en bannière. Vive la Terre !

Tu parles, la terre…ils ne savent même pas ce que c’est, ne se rappellent pas de ce qu’elle fut pour eux…Un berceau vite oublié. Belle humanité.

 

Tiens, j’ai appris il y a peu que certains cherchent à améliorer leur condition, à ne plus dégrader choses et gens comme avant. Y’a le bon vent, y’a le joli vent, y’a mon ami qui m’attend…Comment leur faire comprendre leur inepte comportement ?

 

« Il sont cons » entendais-je de l’intérieur du ventre de ma mère. Expulsion programmée non retardée ni annulée, obligation de quitter l’Eden. Remarque, j’ai au moins gagné les arbres, car dans l’amniotique, point de verdure ! mais pff, pour les voir brûler…J’en viens à penser qu’ils sont cons, ces destructeurs appelés êtres humains. Où est le bonheur ? 

 

Les cons ont engendré des rejetons, lesquels ont perpétué les traditions : dégradations des choses, mais ouf ! il y a les assurances ; atteintes de toutes sortes à la personne, mais l’expression « dommages et intérêts » à été créée, alors l’égalité stabilise la balance. Mais une nouveauté a été mise en place : la destruction massive de notre avenir commun. Pourquoi manger du commun lorsque l’on est individualiste… ? 

 

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Sablier des Jours

Juillet 2008
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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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