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  • : Un mot d'ordre :jouons avec les mots, décrivons, écrivons. Actu : Je ne suis plus co-animatrice d'Ecriture Créative depuis quelques jours...parce que j'ai mis en place mon propre atelier d'écriture! c'est la Vallée des Mots, petit endroit vert et douillet où l'on s'amuse avec les...mots!http://fr.groups.yahoo.com/group/valleedesmots/ Marina.P.10.12.2006
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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Lundi 25 septembre 2006

Une petite pause dans les aventures de Ninon....

Et retour sur un texte que j'ai écrit pour ecriturecreative.  Nous devions nous inspirer d'un tableau, au choix..

Mon choix  fut porté sur Sisley, et ses délicates peintures.

Par je ne sais quel miracle, j’ai eu une vie antérieure en tant qu’oiseau… D’aucuns verraient un point positif au fait d’être arrivé au stade humain, mais je persiste à croire que j’avais plus de liberté et de beauté devant moi, lors de ma précédente vie.

En effet, mon habitat était souvent clair, paisible…Tel que mon maître Sisley le représentait !

L’endroit que j’affectionnais tout particulièrement était le canal Saint-Martin. On avait, de l’épaule de mon défunt maître, une vue imprenable sur un quartier d’allure solide mais somnolente.

Il l’a stigmatisée, d’ailleurs.

L’eau s’écoulant doucement paraît totalement libre de ses petits mouvements, souples et tendres, bien qu’elle soit canalisée. A chaque fois que j’y repense, j’ai bien évidemment la larme à l’œil, car une impression de calme enveloppait mon paysage.

Je me rappelle lorsque je voletais joyeusement, entre les arbres surplombant les immeubles à quelques étages. Le canal d’alors s’étendait entre des habitations peu hautes, ce qui dégageait un couloir immense de lumière au-dessus de l’eau. Et je peux vous dire que par temps de soleil, je volais les yeux fermés car les reflets scintillants, malgré leur côté enchanteur, disposés par touches légères sur la surface de l’eau, m’aveuglaient sans relâche. Mais parfois quelques nuages obscurcissaient peu à peu l’horizon. Ils étaient alors salvateurs.

Je me souviens aussi de petites embarcations, en bois, légères et rapides, enfin autant que les bras des rameurs l’étaient… Elles prenaient ensuite leur repos, si bien mérité, le long du canal, chahutées de temps à autre par des flots plus remuants qu’à l’ordinaire, grâce au passage d’enfants sautant d’une barque à une autre, en s’égosillant à qui mieux mieux.

Les arbres, les bords du canal, voici ce qui délimitait mon espace, ma demeure. Les premiers figuraient la hauteur de l’habitation, les seconds se prêtaient au jeu de la longueur.

Je ne me rappelle ni de l’entrée, ni de la sortie de ce nid, tellement l’image gravée en ma mémoire semble s’étendre à l’infini, nourrie de couleurs délicates. C’était ma réjouissante et apaisante réalité.

 

 

D’après Vue du canal St Martin, de Sisley, 1870

 

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Dimanche 24 septembre 2006

Petit quatre.

Accoudée au rebord de ma fenêtre, je médite une cruelle vengeance. J’ai été humiliée, il me faut laver mon honneur.

J’ai perdu le premier jeu, mais n’abandonne pas pour autant le match. Sache, Pluie, infâme ennemie, que je serai toujours là. Que ton affaire n’est pas loin d’être réglée.

En réalité, je pourrais faire croire que cela faisait partie du plan, d’être attaquée par la pluie, d’essuyer une véritable rafale de balles liquides et de me sauver en courant. Enfin, quand je dis « essuyer », il ne faut y voir que l’utilisation d’un mot vide de sens, car je suis belle et bien trempée !

Mais le faire donc croire à qui ? A ma conscience ? Elle connaît l’histoire !

Alors, à qui ? A la postérité ? Il sera bien assez temps de modifier le cours de l’histoire et de faire des résumés à mon avantage…

Et peut-être que je pourrais remettre à plus tard cette guérilla sans merci, et comme cela, je ferais montre de générosité à l’égard de ma pauvre ennemie. Ah ! oui. C’est une idée formidable !

Pluie, et Temps aussi, tant que j’y suis, je vous laisse généreusement continuer votre rôle. Mais pas éternellement, attention… Lorsque je m’ennuierai, je reviendrai chasser mes vieux démons.

Pour l’heure, je me consacre à d’autres choses bien plus importantes. Allez !

Musique à tue-tête. Mains en l’air. Je suis pleine de vie.

Je m’amuse.

La musique ralentit, les notes se dispersent dans la pièce. Mais mes mains restent agiles, à froisser l’air encombré par la fumée des bougies qui s’éteignent à cause du vent.

La fenêtre est ouverte. Que penseraient les voisins s’ils me voyaient ? D’ailleurs, ils me regardent peut-être…

Je dois cependant avouer que je m’en moque totalement. Au pire, cela m’amuserait. Qu’ils passent leur misérable vie sans joie à mater les autres. Ces autres, dont la vie semble si pleine d’entrain. Ma vie.

Certaines, à ma place, diraient qu’elles sont sur un nuage. Mais alors il leur faudrait redescendre lors de la fin de vie du nuage, car celle-ci n’est pas éternelle.

Je choisis donc d’être sur la lune, car elle ne tombe pas, elle. C’est vrai, mes aïeux l’observaient .

Ah oui, mes ascendants… Parlons-en ! S’ils voyaient la vie rondement menée par leur descendance, ils seraient fiers, j’en suis certaine.

En effet, mon existence est remplie de faits extraordinaires. Euh…passons sous silence l’altercation avec la pluie, c’est une agression subie et nullement cherchée que j’ai déjà oubliée… Pas comme la rencontre de mon amoureux, par exemple.

Je ne vous en ai pas parlé ? Réparons cet oubli.

Mon amour qui n’est qu’à moi s’appelle Hector. Et ce n’est pas un pleutre. Il est fort, sympathique, accessoirement joli garçon, bref un charmant petit prince prêt à combler sa petite grenouille roturière.

Il est tel un rêve, mais a les pieds bien ancrés dans la réalité, et la tête correctement vissée sur les épaules.

Je me fais l’effet d’une petite fille fantasque parfois, lorsque je suis avec lui. Alors j’essaie de juguler ces élans qui me semblent enfantins. Je ne lui propose pas de jouer à la marelle ni à la corde à sauter, mais j’ai tendance à lui concocter des petites blagues, et à m’amuser d’un rien.

Non pas que mon chéri soit taciturne…Mais il aime le calme plus que moi, et a besoin de reposer son cher cerveau…qui nous permet de vivre aisément tout de même, raison de mon sacrifice assez minime finalement.

Je dose donc au maximum ma spontanéité et ma fraîcheur, mais cela ne me pèse pas encore.

Tout le monde me dit que je ne suis pas moi-même, et pour cause ! Mais lorsqu’on m’assène des menaces telles que « tu ne tiendras pas le coup ! », alors là, non, je m’inscris en faux. Je ne saisis pas correctement le sens de cette dernière expression, d’ailleurs. Elle est cependant très carrée et très sûre d’elle-même, alors le choix est vite fait.

C’est un peu l’apparence, oui, qui est ainsi mise en avant. L’apparence de la phrase, avant le sens. A l’image de ma vie. Mais qu’importe au final ? Est-ce que je suis encore à l’école où je subirais des interrogations ? Non, alors je m’en moque.

Tiens, le disque est fini. Je le remets au début, aucune envie de changer.

En fait, j’en profite jusqu’au bout de cette minuscule liberté. Je suis seule ce soir. Il est retenu au bureau par une réunion impromptue.

Il m’a prévenue à la dernière minute, mais avec tellement de prévenance que je ne pouvais que ronchonner pour la forme. Ce que je fis avec mollesse.

Sa carrière est importante, car je n’ai aucunement envie que mes futurs enfants aillent dans des écoles populaires. Je les ai testées avant eux, et rien de tel que le privé, haut de gamme. Comme mon amoureux a ses entrées dans quelques établissements de ce style, ce sera facile d’y obtenir une dérogation pour l’inscription de nos rejetons.

Ah ! oui, à ce propos, mon cher et tendre renâcle à appeler notre future portée autrement que par des prénoms proprets, certes, mais vieillots. Depuis plusieurs semaines, je tente d’envahir son cerveau et de le faire changer d’avis concernant les prénoms. C’est ardu. Mais j’ai toute la journée pour y penser, pour préparer le terrain.

J’avais pensé le prendre par surprise. C’est à dire lui annoncer ma grossesse, laquelle arriverait dans ce cas un peu en avance par rapport à nos prévisions, puis lui dire que je ne dormirais plus si nous ne choisissions pas les prénoms immédiatement.

Il va sans dire qu’au début d’une grossesse, ce serait un risque impensable.

Il me mangerait dans la main.

Cela changerait.

Je claque des doigts. Je bats la mesure. Je l’aime vraiment cette chanson ! La mémoire qui se perd…L’oubli de tout, même de ce qui fut fantastique, qui sait…

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Dimanche 24 septembre 2006

Petit trois.

Après avoir englouti des imbécillités sur le kidnapping, sur le vol de bijoux précieux et rutilants, sur les voitures extrêmement rapides, qui permettent d’ailleurs de rattraper, et plus vite que le vent ne le ferait, les cambrioleurs des tableaux qui jonchaient le sol à côté des-dits bijoux, je me suis endormie, paisiblement.

En me réveillant, une âcre odeur de brûlé me chatouilla méchamment les narines. C’était un rêve que l’on fait éveillé: mon salon fumait et brûlait de partout, mais les flammes ne se rapprochaient pas de mon canapé. J’étais comme protégée. Par quoi ?

Je vous le donne en mille !

Par la pluie.

Quelle garce ! Elle s’insinuait même dans mes rêveries nocturnes. Il est urgent que je passe à l’action, moi, héroïne de la procrastination.

J’ai dû m’assoupir au moment propice, car je ne me souviens pas du plan pour lequel j’aurais opté…

Cependant, sentant la nécessité de ne pas me ridiculiser plus longtemps, je me lève et bouscule mes habitudes. J’agis.

J’enfile, en une minute à peine, des vêtements froissés qui gisaient sur un fauteuil élimé aux accoudoirs, qui semble d’ailleurs me reprocher mon abandon. Aujourd’hui est un grand jour, je cours, je vole après la gloire, et n’ai donc guère de temps à vous octroyer chers accoudoirs.

Vous ne sentirez pas ces bras légers vous enlacer.

J’attrape mon parapluie en passant dans le couloir, claque la porte du pied, dévale les escaliers en courant, loupe la dernière marche et me rattrape au mur. Une main sur le front, l’autre sur le cœur, je me dis que je l’ai échappé belle…

Armée donc de mon parapluie chétif mais menaçant, je fonce tête baissée, ce qui ne sert strictement à rien, de baisser la tête, vers l’inconnu.

Non, ce n’est pas l’inconnu, puisque c’est mon ennemie. Je suis déjà sous elle. Entourée de ses fidèles compagnons, qui jettent des lances partout où le parapluie n’est pas, elle me tance.

Une pluie qui se fait bavarde en plus !

Plic, que fais-tu ici ? Ploc, à qui crois-tu t’attaquer ? Flac, range ta dégaine de mendiante, tu ne ressembles en rien à une combattante.

Blessée au cœur par ces phrases assassines qu’elle me lance au visage, ruisselant de larmes, et non de pluie, je donne des coups de parapluie, comme si je faisais de l’escrime.

Je me débats, me démène, et reviens péniblement en arrière, vers mon immeuble.

Je ne vois plus rien.

Des chutes d’eau vertigineuses m’aveuglent.

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Vendredi 22 septembre 2006

Petit deux.

Hier, j’ai pris la décision, pas si saugrenue que ça, de réduire à néant des éléments que l’on définit comme imbattables, impondérables et irréductibles. Qu’à cela ne tienne !

Concernant la pluie, il me faut un parapluie déjà, afin de l’observer, mais à l’abri. J’en ai un dans mon sac, qui est un véritable fourre-tout, acheté au grand marché des affaires top qu’il ne faut absolument pas rater, payé avec une carte argentée brillant de mille strass, ouvrant des portes mieux qu’un mot de passe.

Bien au sec et presque au chaud, sous l’utile ustensile, je regarde cette vapeur d’eau passer du ciel à la terre sans autre préambule.

Par la magie qu’elle exerce sur moi, pour me tenir éloignée de mes pensées destructrices à son égard probablement, elle m’apaise. Un clapotis lent, monocorde, répétitif, mais qui, contre toute attente, m’emmène sur un chemin bordé de murmures légers et calmants.

Je sens mon projet se détruire de lui-même, amadoué qu’il est, sans doute, par cette ondine vénéneuse. Elle enjôle, cajole, grâce à ses milliers de petites servantes, toutes plus évanescentes les unes que les autres, rondelettes mais équilibrées.

Tout à coup, en sursaut, car ressentant un grand frisson entre mes omoplates, gagnée  par le froid en restant immobile, je reviens à la réalité, celle que je me suis attribuée : annihiler l’élément perturbateur nommé pluie. Oh non, pas en totalité, car je ne sais que trop bien que cette damnée est régulièrement utile. Simplement, je ne la veux plus sur mon chemin, lorsque je suis pressée et dehors. Il est bien évident que, lovée dans un plaid, au fond de mon club en cuir, près de la cheminée grésillant de chaleur, je l’accepte. Mais pas en travers de ma route, c’est tout.

Il me faut donc mettre une technique au point. Je pense attaquer par surprise, il paraît que ça fonctionne parfaitement, parce que justement l’adversaire ne s’y attend pas. Et j’aimerais aussi effectuer un coup de maître, être ainsi saluée, ovationnée pour cet exploit.

Je peux mettre en place un système d’explosifs, comme l’on fait exploser une carrière…Ou bien plutôt attirer cette aqueuse ennemie dans un piège dont elle ne se relèverait pas…Ah oui ! ce serait terriblement excitant de gagner aussi facilement. Je vois cela d’ici. Elle, arrivant avec ses sujets, sa troupe toujours trop nombreuse, et pas suffisamment entraînée ; moi, emberlificotée dans une tenue de militaire, tout de même revue et corrigée par un styliste-modiste talentueux, l’attendant au coin d’une rue. La confrontation. Ma réussite, sa défaite inénarrable.

Je vais donc lui concocter un guet-apens, comme l’on dit quand on parle correctement anglais.

Oh que j’aimerais parler anglais comme une native de cette île. Je pourrais ainsi lire des joyaux  dans le texte. Ce n’est pas qu’en français ça ne rende pas bien, mais ce serait certainement plus intellectuel. J’adorerais avoir une allure intellectuelle, prisant les bons ouvrages comme d’autres dévoreraient les magazines affriolants relatant la vie des étoiles inaccessibles. Les miens seraient partis bien évidemment à la poubelle depuis fort longtemps. Enfin, officiellement.

Bon, avec tout ça, mon plan d’attaque n’est toujours pas prêt.

Je vais me documenter en regardant quelques James Bond. En noir et blanc, l’ambiance sera meilleure.

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Sablier des Jours

Septembre 2006
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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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