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  • : Un mot d'ordre :jouons avec les mots, décrivons, écrivons. Actu : Je ne suis plus co-animatrice d'Ecriture Créative depuis quelques jours...parce que j'ai mis en place mon propre atelier d'écriture! c'est la Vallée des Mots, petit endroit vert et douillet où l'on s'amuse avec les...mots!http://fr.groups.yahoo.com/group/valleedesmots/ Marina.P.10.12.2006
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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Vendredi 15 juin 2007

Je dois avouer que mon professionnalisme est époustouflant, car les gens se bousculent à ma porte dès que je montre ma carte et fais des démonstrations de mes talents devant le chaland venu acheter des légumes et qui repart avec de la farce et attrapes.

En effet, quoi de plus révolutionnaire que l'arnaque labellisée par un organisme de bienveillance? Rien. C'est tout. Absolument rien. Ne cherchez même plus, cela ne vous ferait que perdre du temps. Il n'y aucune idée au monde qui soit plus révolutionnaire que celle citée ci-dessus.

Pourquoi m'enorgueillir de tels faits? Parce qu'il faut bien s'occuper ma pauvre dame!

En réalité, je voudrais vraiment secourir des gens, les aider du mieux que je puis, mais c'est une catastrophe à chaque fois. Tenez, l'autre fois encore, j'entends des cris de sioux. De jeunes enfants jouaient dans un jardin, mais j'avais mal appréhendé la situation car quelques arbres me cachaient la forêt. C'est-à-dire? Et bien cela signifie que je suis arrivée en trombe dans le jardin, mitoyen à la rue dans laquelle je me promenais nonchalamment, arrachant l'arc et les flêches des mains du premier enfant, croyant ainsi sauver celui que je voyais pourchassé par ces hordes de petits diables.

Ne m'arrêtant pas en si bon chemin, j'ai utilisé l'arc et les flêches pour faire fuir l'ennemi. En effet, à quoi servait-il de me déplacer si ce n'était pour réellement prêter main forte à la petite victime?

Il semblerait que les parents, qui se tenaient dans le salon mais je ne le savais pas, n'aient que très peu goûté mon intervention, tenant pourtant du miracle.

J'ai eu beau expliqué que oui, un des enfants était criblé de flêches, que oui, certainement, il venait de vivre un petit choc, mais boudiou! il n'y a pas que le jeu dans la vie!

Il fallait voir dans tout cela une seule chose: l'être humain est toujours prompt à aider son prochain.

Les parents sus-cités n'ont pas voulu démordre de leurs pensées, que je pensais alors très négatives envers moi. Je n'eus qu'un seul recours: prendre mes jambes à mon cou.

Au gré de ma fuite, j'ai laissé par inadvertance, cela est certain, tomber quelques cartes de visite.

Cela paie! Depuis, une dame vient me voir avec un joli bambin, qui, paraît-il, est choqué à cause d'une histoire de jeux d'indiens avec ses amis.

La dame en question ne m'avait pas vu ce jour-là, n'avait pas assisté à mon intervention car elle batifolait loin de là, ayant laissé son enfant à la merci des camarades et parents de ces derniers.

Loin de moi l'idée de juger la vie et la morale de cette dame, je dirai simplement : "bien lui en a pris" !

Ah! on sonne à ma porte. Ce doit être elle qui m'amène le petit pour une séance de coaching personnalisé.

J'arriiiiive.

Apopiras, requinquée par une heure  hebdomadaire de travail.

par marina.p publié dans : Apopiras, journal de bord d'une fille de ce siècle
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Jeudi 14 juin 2007

Il s'agit de remplacer chaque substantif de la phrase de départ par le septième qui le suit dans le dictionnaire.

"Il ne sert de rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre." Mauriac

 

 

 

 

Il ne sert de rien à l’homogénéité de gagner le lupus si elle vient à perdre le terril 

 

Il ne sert de rien à l’homophone de gagner le lut s’il vient à perdre la tessiture

 

Il ne sert de rien à l’honnêteté de gagner le lutteur si elle vient à perdre le têtard 

 

Il ne sert de rien à l’hoplite de gagner le lycaon s’il vient à perdre le téton 

 

Il ne sert de rien à l’horizontalité de gagner le lynx si elle vient à perdre le tétras 

 

Il ne sert de rien à l’horreur de gagner le macaron si elle vient à perdre le thalamus 

 

Il ne sert de rien à l’hors-piste de gagner la mâche s’il vient à perdre le théier 

 

Il ne sert de rien à l’hospice de gagner la machination s’il vient à perdre le théodolite 

 

Il ne sert de rien à l’hot-dog de gagner le macho s’il vient à perdre la théorie 

 

Il ne sert de rien à l’hotte de gagner le macramé si elle vient à perdre le thermidor...... 

 

par marina.p publié dans : Contraintes oulipiennes
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Mercredi 13 juin 2007

Hier, ou plutôt cette nuit, j'ai fait un mauvais rêve: j'ai cru que j'étais envahie par des petites bêtes pleines de poils, arrogantes, sentant la naphtaline, enrobées de bubons... Autant dire que je me suis réveillée en sueur, épouvantée !

En fait, j'avais regardé un documentaire sur la vie des animaux en l'an 2054, lorsque la pollution aura provoqué des ravages irréversibles. De fil en aiguille, je me suis tricoté une histoire à ne pas dormir du tout de la nuit. Apeurée, la petite Apopiras. En effet, quoi de plus inquiétant que l'avenir avec ses dysfonctionnements qui ne feront qu'empirer pour encore un certain temps? Une chose, une seule!

Le vide sidéral de ma vie sociale.

Effectivement, je suis rentière et n'ai donc pas besoin de travailler. Je suis un peu bêcheuse paraît-il, mais je n'y peux rien, c'est une tare héritée de mes ascendants. Je suis hors du commun, déjà par mon prénom, alors regardée d'un drôle d'oeil, mais cela ne me dérange pas. Au contraire... J'aime cultiver la différence. Cependant, j'en arrive à un point où tous mes amis travaillent... et sont donc fatigués le soir après leur dur labeur. Point de sortie! Quelle horreur! Je ne peux sortir seule, car ce n'est pas très amusant. Sauf pour aller à la boulangerie afin d'épier les gens.

Alors je m'ennuie. A mourir. Presque, pas tout à fait car mon testament n'est pas encore fait, alors je ne peux partir comme cela, d'un coup de baguette magique. Ouf, sauvée!

Mais je m'ennuie...

Alors j'essaie de m'amuser avec ce qui me tombe sous la main. L'autre jour, c'était le Voisin. Mais il n'a pas joué le jeu, ce corniaud. Aujourd'hui, qu'est-ce que cela pourrait être? Ah oui, la Voisine! ce sera un jeu d'un autre style: l'écoute attentive.

Je vais sonner à la porte de ma Voisine la plus proche, enjouée, ragaillardie à l'idée d'avoir enfin trouvé une occupation pour l'après-midi. Je sonne une fois, pas de réponse. Elle est peut-être dans son jardin, alors je me permets de sonner une seconde fois. Aucun bruit. Je sonne comme une malade à sa porte, mais rien ne se passe à part le bruit strident qui résonne dans la rue.

Cela m'énerve au plus haut point. Elle a dû faire exprès d'aller faire ses courses juste au moment où je tente d'engager la conversation de voisinage. Que faire? M'asseoir dans un coin de sa pelouse non tondue...? L'attendre et rester assise, les bras en croix car déçue?

Non.

Je reprends mon chemin et vais chez la deuxième Voisine. Tant pis pour la première, elle ne sait pas ce qu'elle rate! La deuxième n'est pas là non plus, alors je cours vers la maison de la troisième, absente également et qui me pousse, par son absence, à aller vers la quatrième maison: personne.

Ereintée, époustouflée par tant d'absences autour de moi, énervée d'être seule dans cette abominable rue, je me rue vers la cinquième maison, échauffée. Rapidement, je sonne. Tout aussi rapidement, une dame en bigoudis ouvre la porte et me dit bonjour.

Mais c'en est trop pour moi, de la gentillesse qui dégouline de ses bigoudis relevés en une choucroute innommable (si, je viens de le faire), du sourire qui pend de sa bouche même pas tordue, du caractère avenant exposé à tout bout de bras... Alors je lui hurle:

" Vous ne pouvez pas penser au P.I.B. de la France et aller travailler toute la sainte journée, non??".

Suffoquée, interloquée, ma Voisine, avec qui je pressens que je ne serai jamais amie, me regarde avec des yeux exorbités. Elle a l'air assez peu intelligente comme cela. Alors je lui conseille de prendre ma carte, car je suis coach en image de soi à la petite semaine, sentant qu'elle va avoir besoin de moi dans un avenir très proche.

Elle semble être paralysée d'effroi par mon estocade. J'en profite pour lui préciser que ceci est l'exemple-type des situations où elle ne serait maître d'aucun échange relationnel, et qu'il faut en finir.

Bref, elle pourrait dire de moi (si elle recouvrait la parole) : "Dieu qu'elle est tyran!", comme notre chère diseuse de bonne aventure du coin lorsque nous ne voulons pas lui acheter un morceau de chiffon.

Apopiras, en quête de nouveaux clients.

par marina.p publié dans : Apopiras, journal de bord d'une fille de ce siècle
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Dimanche 3 juin 2007

Diantre ! comment me remettre de cet effroi que me cause le Voisin ? Comment ne rien laisser paraître ? De toute façon, il n’est plus utile de se poser la question, puisque je suis tombée de mon escabeau, à cheval sur trois brins d’herbe qui ne demandaient qu’à pousser !

Tombée, oui ! Parce que bouleversée par le Voisin.

Le Voisin. La pire espèce d’énergumène au monde. Toujours là pour vous embarrasser, moi qui ne demandais qu’à être embrassée !

Celui que j’ai pour voisin s’est certes déplacé pour me redonner mon pinceau, mais a  aussi bougé ses jolies jambes musclées pour me signifier mon incompétence en matière de peinture, et par-là même, son hilarité, provoquée par mes coups de pinceau hâtifs et mal placés.

Il semblerait, aux yeux du Voisin, que mes volets ne pourraient plus fonctionner correctement dès que la peinture sera sèche. Mais il aurait fallu entendre le ton sec que j’ai eu pour lui répondre que les effets visuels artistiques ne peuvent être compris par les gens habitués à la consommation de masse !

Son joli bec, cloué pour le coup ! Il est cependant vrai que mes volets ne vont plus me servir à grand chose, mais ce n’est pas très important, pas de quoi s’en étouffer de rire. Surtout à mes dépens.

Crotte de zut ! Qu’est-ce qu’il est andouille le Voisin !

Je vais de ce pas me choisir un autre butin à butiner tranquillement, celui-ci étant bien trop inférieur à la qualité dont j’ai besoin. Allez, oust ! Du balai mon ami ! Nous ne vous avons que trop vu par ici !

Mais il ne va pas déguerpir…Le voilà qui fait le tour du jardin, du propriétaire…

Dis donc mon petit monsieur, il faudrait penser à ramasser tes affaires et à partir vers un ailleurs très lointain.

Quand je pense qu’il n’a même pas eu l’idée de profiter de la situation quand je suis tombée de l’escabeau… Il vient d’une autre planète, assurément !

Bon, maintenant, il me casse les pieds, étant visiblement un as du bricolage et voulant déployer ses connaissances. Sauf qu’il n’a pas compris que j’ai autre chose à faire, là, tout de suite, maintenant. Par conséquent, sa présence est plus que gênante.

Comment lui faire comprendre gentiment que son numéro doit se finir immédiatement ?

Dehors ! me voilà en train de crier. Si cela continue, je vais ameuter le quartier et l’andouille sera toujours plantée dans mon jardin.

Obligée de me répéter, l’andouille précédemment citée ne bougeant pas, mais préférant me demander si je vais bien.

Ce con est en train de s’enquérir de ma santé. J’y suis : il doit penser que j’ai pris un coup sur la tête en tombant de l’escabeau.

Mais non, Dugenou ! Je n’ai reçu aucun coup, simplement je veux la paix et m’en veux terriblement de t’avoir fait entrer sur mon territoire.

Va, je te hais abominablement !

Dehors ! cela fait trois fois que je lui dis de partir, il devrait comprendre tout de même.

Et le voilà qui proteste, qui gesticule, mais qui recule quand même vers sa demeure. Ouf ! Je peux me féliciter d’avoir repris la situation en main et d’avoir réussi à jeter cet imposteur hors de chez moi. Vraiment ! On n’a pas idée de s’incruster ainsi chez les gens, de rester contre leur gré, d’étaler sa prétendue culture comme si la confiture allait m’attirer, moi pauvre petite bête sans défense !

Ah ! les gens, de nos jours… On ne peut plus compter sur personne. Les apparences sont éminemment trompeuses, les mines effroyablement dupes.

Tenez, ce voisin à l’air inoffensif, je croyais réellement que j’allais pouvoir n’en faire qu’une bouchée, jeter mon dévolu dessus. Et puis non ! le voilà qui se moque et qui me parle bricolage.

Nous vivons dans un de ces mondes mes aïeux…

Apopiras, perplexe quant à son devenir.

par marina.p publié dans : Apopiras, journal de bord d'une fille de ce siècle
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Sablier des Jours

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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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