
En vrac, ici, mon bric-à brac de dilettante...
le coton chatouille ses yeux endormis
et irrite son nez chatouillé.
ses joues se colorent de cette douce vie
qui revient par torrents à lui se connecter.


Blanche colombe
Vole, vole, vole
Au-dessus des ces trombes
D’eau qui nous gondolent
Le paysage.
Folle hécatombe
Fuit, fuit, fuit,
Retourne à ta tombe,
Au-delà de nos nuits
Cache-toi.
Litanie ironique
Coule, coule, coule
Dans nos veines amnésiques,
D’une fureur saoule,
Rageuse.

Je répète, avec le vieux proverbe: «Celui qui aime et qui est aimé est à l'abri des coups du sort». Musset, Alfred de (1810-1857)
Je suis en vacances et j’espère bien que personne ne va me les corrompre. Il y a un fait tout de même très étonnant et je m’en vais vous le conter :
Partout où je vais, on me rappelle mon métier. Je sais bien que je suis clown, mais à quoi bon me le crier tous les cinq matins ?
Il est cependant vrai que je ne pratique guère d’efforts au niveau vestimentaire. Par voie de conséquence, il m’arrive, mais attention seulement de temps à autre, il m’arrive donc d’être reconnu par ma tenue. Mais si les gens ne constituaient pas de clivages, ils me verraient avec mon nez rouge, et puis ils n’en déduiraient pas si aisément que je suis clown. Ben oui va ! je pourrais très bien être alcoolique. Ce n’est pas un métier. J’en suis entièrement d’accord avec vous.
Mais avec l’une ou l’autre de ces pratiques, le résultat est le même : on est marginal.
Mis de côté par une partie des bien-pensants, l’alcoolique peut aussi penser à bien parfois. Entre deux verres. Il n’en reste pas moins que c’est un être humain. Comme moi, avec mon nez rouge. Oui, je suis un peu centré sur mon ego, mais qui ne l’est pas ?
Bon, laissons cela de côté et passons aux choses sérieuses : mes vacances.
Je suis en pleine campagne, mais proche d’un château quand même. On se respecte et on tient à son rang dans ma famille. On ne vous avait pas dit qu’on est clown de père en fils et de tante en nièce chez les Pomi ? Et bien vous le savez dorénavant, et pas la peine de faire mine de chafouin en l’oubliant, hein…
Je reprends seulement demain le chemin du cirque, lequel est établi momentanément à Fontainebleau.
Nous ne sommes pas loin du château donc, et j’ai un petit problème avec ma salopette faite de fichus bleus et blancs parce que ces andouilles d’intendants ont mis en place des tinettes de ces coloris-là précisément.
Si ce n’est pas encourager ma fracture sociale ça ! Non, mais ! Je vous demande un peu !
Ah oui ! je ne sais si vous le savez, mais je suis en décalage horaire accessoirement mais surtout environnemental et comportemental vis-à-vis de mes pairs. C’est une particularité très difficile à gérer.
Et dans le domaine des étoiles dansant sur fil tendu à trente-deux mètres de haut, la concurrence est rude.
Et les problèmes égocentriques foisonnent. Alors je recentre encore un peu sur moi, si vous le voulez bien.
Je n’accepte plus très bien ma condition paraît-il… Non ! le problème est autre !
Je veux et j’exige une nouvelle tenue, la mienne étant celle de mon grand-père, pesant son double-quintal de bière, moi, oui, je parle encore de moi, moi donc n’étant qu’une crevette nageant depuis des lustres dans cette mare de tissus.
Même ma mère me disait que ce n’était pas croyable de me voir perdu dans tant d’étoffes. Mais elle n’a pas eu le temps de coucher par écrit cet apophtegme bien senti. Personne ne veut donc en tenir compte. Elle était la seule apparemment à estimer la rénovation de mon habit de travail plus que nécessaire. C’est malheureux. Je répète, avec le vieux proverbe: «Celui qui aime et qui est aimé est à l'abri des coups du sort».
Que vais-je bien pouvoir trouver comme subterfuge pour changer mon costume élimé et inadapté à ma charpente svelte et souple ?
Regarde-toi un peu. Tu n'as pas honte, d'être si jeune? A ton âge! D. Pennac.
Lili, qui se prénomme en fait Liliane, pense que ses parents ne l’ont pas gâtée avec son prénom, qu’ils se sont trompés d’époque !
Elle a seize ans, elle porte un prénom qui en a cinquante. La situation ne pouvait pas être pire à ses yeux. Ses parents ne comprennent pas. Elle ne cherche pas trop non plus à leur expliquer pourquoi cela l’énerve d’entendre Liliaaaane à longueur de journées.
Sa mère est tout le temps en train de lui crier ce mot tant haï. Elle déteste ses parents, il lui semble. Mais elle ne sait dire pourquoi. Cela ne peut tout de même pas venir du choix du prénom. Ses amies lui disent que c’est une raison un peu légère pour être en total désaccord et sur la voie de la fugue.
Un jeudi, le jour des lasagnes, elle rentre chez elle avec un air maussade attaché à son visage. Rien ne semble pouvoir la dérider. Elle a pris une décision grave : elle va partir.
Seulement elle voit sa mère arriver dans la cuisine, attifée comme… comme sa copine Mylène. Que se passe-t-il ici ? Sa mère habillée comme une jeune de fille de quinze ans. Le nombril a l’air. Ce qui se trouve autour du nombril, accumulé ici depuis des années d’abus alimentaires, est de fait exposé aussi. Lili ne comprend pas et a des hauts-le-cœur.
Elle ne reconnaît pas du tout sa mère. Elle lui demande si c’est carnaval et se ramasse une claque sur la joue droite, tandis que son père lui plaque une accolade brutale sur l’épaule gauche. C’est sa façon habituelle de lui souhaiter la bienvenue après la journée d’école. Déstabilisée, Lili chancelle et se raccroche à une chaise. Elle regarde tour à tour sa mère et son père.
Elle se rend compte seulement à cet instant que son père a ressorti la panoplie de ses vingt ans. Que se passe-t-il ?
Elle les regarde, d’un air hébété, puis leur demande enfin ce qu’ils fabriquent.
-Mais, ma petite Liliane, rien. Absolument rien d’anormal, hein papa ?
-Oui, chérie. On est comme d’habitude, mais avec une autre allure. Ça ne te plait pas Liliane ?
-Enfin ! Vous vous êtes vus ? Vous avez vu votre tronche ? Maman, regarde-toi un peu. Tu n’as pas honte d’être si jeune ? A ton âge ! On ne sait plus si tu es une petite fille ou une mère.
-Liliane, calme-toi mon petit. Maman a juste voulu être un peu plus dans ton époque…On voit bien que tu nous sens trop vieux pour toi. Alors on a voulu faire un effort avec ta mère pour…
-Un effort ! N’importe quoi ! Je ne vis pas dans les années 80, moi !
Une longue aile douce et précieuse
Caresse avec lenteur ma joue,
M’emplit de suaves sensations,
Etend les frissons à mon cou,
Sèche mes larmes disgracieuses
Et me murmure ton nom.
A vos Plumes!