Mais elles n'allaient pas du tout du tout avec le pantalon, qu'on aurait dit être celui d'un sans-logis. Peut-être cet homme était-il un sans domicile fixe qui aurait glané des Weston dans la rue... Oui, mais dans quelle rue?
On est en droit de se poser plein de questions dès lors qu'un élément cloche, qu'anguille gentiment se dandine sous roche et que, à cloche-pied, on brinqueballe des paires qui ne vont pas ensemble.
Les chaussures étaient visibles depuis l'abri-bus. Comme il pleuvait, beaucoup de personnes se tenaient précisément sous cet abri de fortune planté en pleine rue par un magnat de la publicité afin de se complimenter lui-même à force d'images sans cesse déroulées. Et beaucoup regardaient ces pieds luxueusement chaussés accompagnés de jambes dégueulasses.
Qui pouvait bien manquer de soin à ce point? Non, raisonnablement, on n'avait pas le droit de parler de manque de soin, car les chaussures étaient en très bonne santé. Hélas, le pantalon...On sentait tout de suite que les chaussures étaient le clou du spectacle. A moins que... le pantalon?
En fait, en face de deux éléments qui n'ont absolument rien à faire ensemble, il est impossible de décider de quel côté faire pencher la balance.
Cet homme, est-ce un homme d'ailleurs? On disait que oui. Cet homme donc, dont les mollets et les pieds étaient en-dessous d'un panneau publicitaire vantant les mérites d'une nouvelle lessive pour cerveaux urbanisés à tort et en travers, à prendre en capsule trois fois par jour en se faisant croire que c'est exactement la même chose qu'avaler une orange, voire une clémentine, cet homme donc, ne nous perdons pas, était derrière un panneau publicitaire. Pourquoi? On ne le saura jamais. Personne ne lui a demandé. Le bus est arrivé, il est sorti de derrière le panneau, est monté dans le bus, comme tout un chacun, et les usagers du bus ne firent attention qu'à sa tête, chose qui était alors à leur hauteur... Mais quelle tête !
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A vos Plumes!