De retour parmi mes congénères, je suis prise dans l'actualité, sans pour autant le vouloir. Au jeu du "pousse ton
voisin sur les rails et prends une place dans le train", certains sont des professionnels. Tellement pro que les rails sont recouverts de débris humains maintenant, alors pour que le train
parte... Et bien nous pouvons toujours attendre ! Bravo ! de toute façon, je m'en fous, je voyage tout le temps debout dans ces wagons puant le bétail dès qu'il fait plus de quinze degrés dehors.
Jamais je n'ai de place assise, jamais, alors me battre un jour de grève pour tenter d'en avoir une ? Non merci, je ne sais plus comment on fait ...
Oui, je sais, je n'ai qu'à regarder les autres pousser du coude, donner du pied, vriller la langue pour bien insulter le voisin.
Mais il faut dire aussi que je suis bien tranquille, debout dans le wagon, à observer mes congénères. Celui-là devient plutôt grisonnant alors que le cap des trente ans ne semble pas franchi...
Elle, à côté, on dirait qu'elle s'est fait refaire la bouche. Vue sur Silicone Valley lorsqu'on baisse le regard et look at this... euh, peut-on encore appeler cela une poitrine ? Non, un
poitrail. Et ainsi de suite...
Il est vrai que je n'ai pas un regard tendre pour mes congénères, mais croyez-vous qu'ils me regardent tendrement eux ? Il faudrait déjà qu'ils commencent par me regarder pour ensuite décider
s'ils vont continuer à le faire tendrement ou d'une autre façon.
Voilà vingt minutes que nous attendons sur le quai en quête d'un improbable train. Et ce con qui pousse ceux qui sont devant lui. Réplique, comme dans un tremblement de terre. Sauf que la terre,
elle, elle va bien, et c'est l'humain qui va trembler quand il verra la suite. Magnitude combien ?
Annonce spéciale : accident de personne, le train ne peut partir.
De toute façon, j'avais mal aux dents. Je vais rentrer chez moi.
.Apopiras.
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A vos Plumes!