Petit Feuilleton en plusieurs épisodes, comme dans les vrais...Action!
Une jeune femme vient de naître…
Elle se repoudre négligemment le nez, puis éternue, pestant contre cette horrible poudre de pomme de terre, qui ne sait que s’agglomérer.
Elle se regarde encore une fois dans son miroir de poche, saluant au passage cette jolie invention. Vraiment, merci Papa et Maman de m’avoir mise au monde.
Clic, le boîtier d’or se referme. Clac, le sac à main en crocodile croque la main de sa maîtresse, puis la délaisse pour ce joli palet doré.
Tiens, un cahier. A spirales, bien sûr.
Extirpé de ce nid douillet qu’était le baluchon de la demoiselle, le cahier regarde de biais Ninon qui lui parle doucement, gentiment, pour ne pas l’apeurer.
- Petit, petit, approche de Maman Ninon. N’aie crainte, je ne te ferai que de douces caresses, remplissant joliment ton ventre plat, seulement composé de feuilles encore trop blanches. Je les noircirai, les abreuverai, les nourrirai d’encre bien dégoulinante de ma plume.
Pfuit, le cahier se contracte et se fait feuille de vélin entre ses paumes, tant de bonheur inespéré lui arriverait enfin…
Ninon sort du travail, court, rate son bus, crie de rage, reçoit quelques gouttelettes d’eau en pleine figure. Quoi ! La pluie a décidé de se mettre contre elle aussi ? Déjà qu’il y avait le temps, grand horloger régissant toute vie, même celles dont il n’a que faire. La partie est donc perdue pour aujourd’hui.
Qu’à cela ne tienne, mes chers ennemis qui adorez vous jouer de moi, se dit, enjouée et retapée, Ninon. La voici sortant le7 cahier de son sac, prête à sacrifier la première page sur l’autel de la colère, en guise de déclaration de guerre ouverte au Temps et à la Pluie.
Petit Un.
Ma journée de travail est finie. Mais pas ma journée de peines, apparemment. En effet, deux éléments peu contrôlables ont décidé de se liguer contre moi.
L’un égrène des minutes à rallonge lorsqu’elles devraient être aussi vives que des secondes, et l’autre envoie des milliers de gouttes là où on a déjà des hectolitres d’eau stagnant dans les nids-de-poule, sur les routes.
La tâche est ardue. La mienne. Pas la leur.
Je ne sais comment procéder pour évacuer ces deux dissidents de ma vie.
Je vais probablement commencer par m’attaquer à la Pluie.
Demain.
A vos Plumes!