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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Dimanche 24 septembre 2006

Petit quatre.

Accoudée au rebord de ma fenêtre, je médite une cruelle vengeance. J’ai été humiliée, il me faut laver mon honneur.

J’ai perdu le premier jeu, mais n’abandonne pas pour autant le match. Sache, Pluie, infâme ennemie, que je serai toujours là. Que ton affaire n’est pas loin d’être réglée.

En réalité, je pourrais faire croire que cela faisait partie du plan, d’être attaquée par la pluie, d’essuyer une véritable rafale de balles liquides et de me sauver en courant. Enfin, quand je dis « essuyer », il ne faut y voir que l’utilisation d’un mot vide de sens, car je suis belle et bien trempée !

Mais le faire donc croire à qui ? A ma conscience ? Elle connaît l’histoire !

Alors, à qui ? A la postérité ? Il sera bien assez temps de modifier le cours de l’histoire et de faire des résumés à mon avantage…

Et peut-être que je pourrais remettre à plus tard cette guérilla sans merci, et comme cela, je ferais montre de générosité à l’égard de ma pauvre ennemie. Ah ! oui. C’est une idée formidable !

Pluie, et Temps aussi, tant que j’y suis, je vous laisse généreusement continuer votre rôle. Mais pas éternellement, attention… Lorsque je m’ennuierai, je reviendrai chasser mes vieux démons.

Pour l’heure, je me consacre à d’autres choses bien plus importantes. Allez !

Musique à tue-tête. Mains en l’air. Je suis pleine de vie.

Je m’amuse.

La musique ralentit, les notes se dispersent dans la pièce. Mais mes mains restent agiles, à froisser l’air encombré par la fumée des bougies qui s’éteignent à cause du vent.

La fenêtre est ouverte. Que penseraient les voisins s’ils me voyaient ? D’ailleurs, ils me regardent peut-être…

Je dois cependant avouer que je m’en moque totalement. Au pire, cela m’amuserait. Qu’ils passent leur misérable vie sans joie à mater les autres. Ces autres, dont la vie semble si pleine d’entrain. Ma vie.

Certaines, à ma place, diraient qu’elles sont sur un nuage. Mais alors il leur faudrait redescendre lors de la fin de vie du nuage, car celle-ci n’est pas éternelle.

Je choisis donc d’être sur la lune, car elle ne tombe pas, elle. C’est vrai, mes aïeux l’observaient .

Ah oui, mes ascendants… Parlons-en ! S’ils voyaient la vie rondement menée par leur descendance, ils seraient fiers, j’en suis certaine.

En effet, mon existence est remplie de faits extraordinaires. Euh…passons sous silence l’altercation avec la pluie, c’est une agression subie et nullement cherchée que j’ai déjà oubliée… Pas comme la rencontre de mon amoureux, par exemple.

Je ne vous en ai pas parlé ? Réparons cet oubli.

Mon amour qui n’est qu’à moi s’appelle Hector. Et ce n’est pas un pleutre. Il est fort, sympathique, accessoirement joli garçon, bref un charmant petit prince prêt à combler sa petite grenouille roturière.

Il est tel un rêve, mais a les pieds bien ancrés dans la réalité, et la tête correctement vissée sur les épaules.

Je me fais l’effet d’une petite fille fantasque parfois, lorsque je suis avec lui. Alors j’essaie de juguler ces élans qui me semblent enfantins. Je ne lui propose pas de jouer à la marelle ni à la corde à sauter, mais j’ai tendance à lui concocter des petites blagues, et à m’amuser d’un rien.

Non pas que mon chéri soit taciturne…Mais il aime le calme plus que moi, et a besoin de reposer son cher cerveau…qui nous permet de vivre aisément tout de même, raison de mon sacrifice assez minime finalement.

Je dose donc au maximum ma spontanéité et ma fraîcheur, mais cela ne me pèse pas encore.

Tout le monde me dit que je ne suis pas moi-même, et pour cause ! Mais lorsqu’on m’assène des menaces telles que « tu ne tiendras pas le coup ! », alors là, non, je m’inscris en faux. Je ne saisis pas correctement le sens de cette dernière expression, d’ailleurs. Elle est cependant très carrée et très sûre d’elle-même, alors le choix est vite fait.

C’est un peu l’apparence, oui, qui est ainsi mise en avant. L’apparence de la phrase, avant le sens. A l’image de ma vie. Mais qu’importe au final ? Est-ce que je suis encore à l’école où je subirais des interrogations ? Non, alors je m’en moque.

Tiens, le disque est fini. Je le remets au début, aucune envie de changer.

En fait, j’en profite jusqu’au bout de cette minuscule liberté. Je suis seule ce soir. Il est retenu au bureau par une réunion impromptue.

Il m’a prévenue à la dernière minute, mais avec tellement de prévenance que je ne pouvais que ronchonner pour la forme. Ce que je fis avec mollesse.

Sa carrière est importante, car je n’ai aucunement envie que mes futurs enfants aillent dans des écoles populaires. Je les ai testées avant eux, et rien de tel que le privé, haut de gamme. Comme mon amoureux a ses entrées dans quelques établissements de ce style, ce sera facile d’y obtenir une dérogation pour l’inscription de nos rejetons.

Ah ! oui, à ce propos, mon cher et tendre renâcle à appeler notre future portée autrement que par des prénoms proprets, certes, mais vieillots. Depuis plusieurs semaines, je tente d’envahir son cerveau et de le faire changer d’avis concernant les prénoms. C’est ardu. Mais j’ai toute la journée pour y penser, pour préparer le terrain.

J’avais pensé le prendre par surprise. C’est à dire lui annoncer ma grossesse, laquelle arriverait dans ce cas un peu en avance par rapport à nos prévisions, puis lui dire que je ne dormirais plus si nous ne choisissions pas les prénoms immédiatement.

Il va sans dire qu’au début d’une grossesse, ce serait un risque impensable.

Il me mangerait dans la main.

Cela changerait.

Je claque des doigts. Je bats la mesure. Je l’aime vraiment cette chanson ! La mémoire qui se perd…L’oubli de tout, même de ce qui fut fantastique, qui sait…

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Dimanche 24 septembre 2006

Petit trois.

Après avoir englouti des imbécillités sur le kidnapping, sur le vol de bijoux précieux et rutilants, sur les voitures extrêmement rapides, qui permettent d’ailleurs de rattraper, et plus vite que le vent ne le ferait, les cambrioleurs des tableaux qui jonchaient le sol à côté des-dits bijoux, je me suis endormie, paisiblement.

En me réveillant, une âcre odeur de brûlé me chatouilla méchamment les narines. C’était un rêve que l’on fait éveillé: mon salon fumait et brûlait de partout, mais les flammes ne se rapprochaient pas de mon canapé. J’étais comme protégée. Par quoi ?

Je vous le donne en mille !

Par la pluie.

Quelle garce ! Elle s’insinuait même dans mes rêveries nocturnes. Il est urgent que je passe à l’action, moi, héroïne de la procrastination.

J’ai dû m’assoupir au moment propice, car je ne me souviens pas du plan pour lequel j’aurais opté…

Cependant, sentant la nécessité de ne pas me ridiculiser plus longtemps, je me lève et bouscule mes habitudes. J’agis.

J’enfile, en une minute à peine, des vêtements froissés qui gisaient sur un fauteuil élimé aux accoudoirs, qui semble d’ailleurs me reprocher mon abandon. Aujourd’hui est un grand jour, je cours, je vole après la gloire, et n’ai donc guère de temps à vous octroyer chers accoudoirs.

Vous ne sentirez pas ces bras légers vous enlacer.

J’attrape mon parapluie en passant dans le couloir, claque la porte du pied, dévale les escaliers en courant, loupe la dernière marche et me rattrape au mur. Une main sur le front, l’autre sur le cœur, je me dis que je l’ai échappé belle…

Armée donc de mon parapluie chétif mais menaçant, je fonce tête baissée, ce qui ne sert strictement à rien, de baisser la tête, vers l’inconnu.

Non, ce n’est pas l’inconnu, puisque c’est mon ennemie. Je suis déjà sous elle. Entourée de ses fidèles compagnons, qui jettent des lances partout où le parapluie n’est pas, elle me tance.

Une pluie qui se fait bavarde en plus !

Plic, que fais-tu ici ? Ploc, à qui crois-tu t’attaquer ? Flac, range ta dégaine de mendiante, tu ne ressembles en rien à une combattante.

Blessée au cœur par ces phrases assassines qu’elle me lance au visage, ruisselant de larmes, et non de pluie, je donne des coups de parapluie, comme si je faisais de l’escrime.

Je me débats, me démène, et reviens péniblement en arrière, vers mon immeuble.

Je ne vois plus rien.

Des chutes d’eau vertigineuses m’aveuglent.

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Sablier des Jours

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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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