En vrac, ici, mon bric-à brac de dilettante...
le coton chatouille ses yeux endormis
et irrite son nez chatouillé.
ses joues se colorent de cette douce vie
qui revient par torrents à lui se connecter.
il fut un jour où Domi et moi pariâmes...celle qui gagnait le pari imposait un mot supplémentaire dans le logorallye en cours sur Ecriture Créative, et l'autre suait sang et eau à caser 21 (australopithèque étant le mot ajouté) mots dans un même texte...
j'ai perdu! et Pomi fut sorti de son placard, dépoussiéré, et agité, tel un pantin...Laissons lui la parole:
Avec ma gueule d’australopithèque, on ne m’aime guère de prime abord. Je veux bien comprendre le désarroi qui emplit le cœur de ceux qui me visent de leurs yeux étonnés, voire horrifiés parfois, mais je ne peux rester miséricordieux plus longtemps.
Moi, Pomi, clown de mon état, je ne veux plus être jugé sur ce disque qui me sert de quasi-visage humain. Bien sûr que je ne suis pas aidé par la nature ! Quel clown est joli de naissance ? Croyez-vous que l’art du maquillage soit inné chez tout le monde ? Et bien non !
Ainsi, mon acolyte, Edmonde, a la main lourde sur le bleu, pour simuler les ecchymoses sur mon visage déjà contusionné au naturel de toute façon. Et puis elle aime le jaune, alors elle me gribouille allègrement le visage avec, pour donner un air de reluisance à ce dernier.. Elle ne sait pas s’exprimer en France, ma collègue, faut dire.
Le fond est donc jaune, quelques bleus, de grands cernes violets, des poches en fait énormes, comme celles de ma salopette. Le nez est toujours rouge, mais parce que j’ai un ami qui est cultivé ! Si, si, même qu’il est pomiculteur. Ah ! dame ! ça vous maudit l’esprit de critique négative, ça, hein… ? On ne pensait pas que je frayais avec des intellectuels installés de père en fils dans la culture de la pomme…Alors, ça nous arrive bien de nous chatouiller le gosier au calva, du coup.
Ce n’est pas parce que je suis clown et laid de naissance que je dois être en plus débile et inculte, sinon ce serait de toute façon la faute à pas de chance, un tour inavoué du Destin, grand malhabile qui se serait cassé la binette de son tourniquet lors de la distribution des fastueuses et improbables qualités améliorant immédiatement la vie.
J’en reviens à Edmonde, elle est gentille quand même un peu, faut pas croire…
Mais qu’est-ce qu’elle est nunuche ! Parfois, on croirait qu’elle va rester sur la place publique et oublier de monter dans la roulotte lorsque nous remballons les tubulures du chapiteau et autres matériels de notre vie ballottée par un zéphyr assez bienfaisant pour le moment.
Un jour, elle vient me maquiller, et me parle d’une reconversion : elle voudrait être coiffeuse pour ânes. Ben voui, que je lui dis à ma Edmonde. Fais ce que tu crois être utile à une vie meilleure, mais comment je fera pour être correctement mis avant d’aller sur la piste, moi ?
Elle s’est mise à pleurer, pleurer, pleurer. Comme ça sent le vinaigre côté ambiance, je lui propose de jouer aux charades, avec le même gage que d’habitude, bien sûr.
Elle pleure de plus belle, mais se rend moche, ça, c’est sûr. Comme si j’étais trop laid pour elle, la voilà qui me repousse et crie et claque la porte de la roulotte et s’en va en hurlant sur la place de la Fontaine.
On a l’air fin, nous l’équipe, avec notre Edmonde qui hurle qu’elle veut revoir son coiffeur.
Tu parles d’une publicité ! Alors on lui dit, avec les collègues, que son coiffeur, c est qu’une tête de nœud, qu’il l’a abandonnée après lui avoir donné ce qu’on veut tous lui offrir, nous.
Elle continue à crier des anathèmes sur nous, sur sa vie d’misère. D’un ton doucereux, on essaie bien de la faire revenir chez nous, pour éviter que les gens se ramènent avec ce pestacle de rue, ce serait mauvais genre.
Elle nous regarde d’un œil torve, noirci par de l’encre de bile, et nous assène le coup final, mal dosé comme un grand cocktail qui explose avant d’être ingéré. Elle maudit notre planète de gens du cirque, et nous dit préférer les gens du monde.
Alors, mon ami le pomiculteur, qui passait par-là, inopinément, lui tire les cheveux, pour la ramener à la réalité et à la roulotte.
Ensuite, je ne me rappelle plus, parce que les mots me manquent…
Une longue aile douce et précieuse
Caresse avec lenteur ma joue,
M’emplit de suaves sensations,
Etend les frissons à mon cou,
Sèche mes larmes disgracieuses
Et me murmure ton nom.
A vos Plumes!