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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Dimanche 14 janvier 2007

Je suis en retard, comme d’habitude. Mais j’essaie de faire de mon mieux, tout de même, même si cela ne se voit pas. Pas encore. Il ne faut pas condamner tout de suite. Il faut être patient.

Je ne sais pas attendre, alors quand je parle de patience, cela me fait toujours sourire. Même rire aux éclats parfois. C’est selon.

Là, je suis en retard parce que j’étais perdue dans la contemplation quotidienne, qui a lieu dans le métropolitain parisien. La personne que j’avais en face de moi était tellement absorbée par son propre monde qu’elle ne se rendait pas compte qu’on était plusieurs à l’observer.

J’ai loupé ma station, fait le tour complet de la ligne, mais j’étais au spectacle, alors…

Alors le jeu en vaut bien la chandelle, na !

Elle se curait les ongles, peints de près en orange vif. Elle les regardait avec application, leur parlait presque. On sentait que ces bouts de cornes devaient être importants pour elle. Ses chéris. Elle les a bénis aussi. Oui, oui, dans le métro. Elle a peint une sorte de croix dessus, alors si ce n’est pas appliquer une bénédiction à ces non-rognures…

Apres avoir passé en revue donc les appendices de ses doigts, elle s’est occupée de sa chevelure. Longue. Fournie. Dense. Une vraie forêt. Mais pas une déesse celle qui portait cet attribut.

Elle les a coiffés. Longtemps. Chaque geste était répété plusieurs fois. Elle vérifiait de temps à autre dans un miroir de poche, grand comme le sac à main qui pendait à son bras, au niveau du coude. Moi, je ne pensais qu’à ces pauvres nerfs et tendons, sollicités d’une horrible manière pour un porté qui se veut négligeant mais qui est au contraire prétentieux.

Elle ne semblait pas voir qu’elle était le point de mire de tout un wagon. Elle vivait dans son monde, rempli de brosses, pour les cheveux, les ongles, et je ne sais quoi encore…

Elle a commencé à rassembler ses affaires, qu’elle avait un peu étalées sur le siège qui était son vis-à-vis. Tout le monde avait laissé le siège libre, personne n’avait cherché à s’y asseoir. C’était un fait que je ne m’expliquais pas. Même une femme enceinte avait préféré rester debout…

La dernière station approchait à pas de géants. Elle fut prête lorsque la rame stoppa et ouvrit ses portes automatiquement. Elle descendait sur le quai au moment où on entendit un cri. Tout le monde tournait la tête dans tous les sens pour voir d’où cela venait. Sauf elle.

Elle savait qui criait. C’était sa pauvre âme, esseulée, assaillie de nouveau par son désespoir.

On n’avait rien vu venir. On avait beau en parler en cellule d’aide psychologique, mais on ne savait pas comment cela s’était réellement passé. Ce fut rapide, oui.

Alors que nous étions tous en train de chercher d’où venait le cri perçant que nous avions entendu, la rame était partie et une autre arrivait.

Et elle, elle avait été leste, agile. Elle s’était débarrassée de ce corps pesant et éparpillait ses cheveux sur les rails.

Non, bon, je dois bien avouer que là, c’est un tour de mon imagination. Elle ne s’est bien entendu pas suicidée comme cela devant moi, Ninon…

Par un heureux hasard, je me dépêchais et courais pour ne pas trop arriver en retard à ce satané rendez-vous.

Lui aussi de toute façon était en retard… et déboussolé !

Il me dit qu’il avait assisté à un pugilat dans les couloirs du métro. Mon œil ! on ne voit pas ça de près… Alors ? La raison de ton retard Monsieur Hector ?

Monsieur a tout simplement loupé la bonne station. La vie n’est pas romanesque, cela se saurait.

Nous nous fîmes face pendant quelques temps donc dans ce bar ultra-branché, hyper-bondé et rempli de personnes comme nous, c’est-à-dire des couples qui se croient encore ensemble mais qui ont déjà des vues divergentes…et des excuses bidon.

par marina.p publié dans : Nouvellettes
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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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