En vrac, ici, mon bric-à brac de dilettante...
le coton chatouille ses yeux endormis
et irrite son nez chatouillé.
ses joues se colorent de cette douce vie
qui revient par torrents à lui se connecter.
Diantre ! comment me remettre de cet effroi que me cause le Voisin ? Comment ne rien laisser paraître ? De toute façon, il n’est plus utile de se poser la question, puisque je suis tombée de mon escabeau, à cheval sur trois brins d’herbe qui ne demandaient qu’à pousser !
Tombée, oui ! Parce que bouleversée par le Voisin.
Le Voisin. La pire espèce d’énergumène au monde. Toujours là pour vous embarrasser, moi qui ne demandais qu’à être embrassée !
Celui que j’ai pour voisin s’est certes déplacé pour me redonner mon pinceau, mais a aussi bougé ses jolies jambes musclées pour me signifier mon incompétence en matière de peinture, et par-là même, son hilarité, provoquée par mes coups de pinceau hâtifs et mal placés.
Il semblerait, aux yeux du Voisin, que mes volets ne pourraient plus fonctionner correctement dès que la peinture sera sèche. Mais il aurait fallu entendre le ton sec que j’ai eu pour lui répondre que les effets visuels artistiques ne peuvent être compris par les gens habitués à la consommation de masse !
Son joli bec, cloué pour le coup ! Il est cependant vrai que mes volets ne vont plus me servir à grand chose, mais ce n’est pas très important, pas de quoi s’en étouffer de rire. Surtout à mes dépens.
Crotte de zut ! Qu’est-ce qu’il est andouille le Voisin !
Je vais de ce pas me choisir un autre butin à butiner tranquillement, celui-ci étant bien trop inférieur à la qualité dont j’ai besoin. Allez, oust ! Du balai mon ami ! Nous ne vous avons que trop vu par ici !
Mais il ne va pas déguerpir…Le voilà qui fait le tour du jardin, du propriétaire…
Dis donc mon petit monsieur, il faudrait penser à ramasser tes affaires et à partir vers un ailleurs très lointain.
Quand je pense qu’il n’a même pas eu l’idée de profiter de la situation quand je suis tombée de l’escabeau… Il vient d’une autre planète, assurément !
Bon, maintenant, il me casse les pieds, étant visiblement un as du bricolage et voulant déployer ses connaissances. Sauf qu’il n’a pas compris que j’ai autre chose à faire, là, tout de suite, maintenant. Par conséquent, sa présence est plus que gênante.
Comment lui faire comprendre gentiment que son numéro doit se finir immédiatement ?
Dehors ! me voilà en train de crier. Si cela continue, je vais ameuter le quartier et l’andouille sera toujours plantée dans mon jardin.
Obligée de me répéter, l’andouille précédemment citée ne bougeant pas, mais préférant me demander si je vais bien.
Ce con est en train de s’enquérir de ma santé. J’y suis : il doit penser que j’ai pris un coup sur la tête en tombant de l’escabeau.
Mais non, Dugenou ! Je n’ai reçu aucun coup, simplement je veux la paix et m’en veux terriblement de t’avoir fait entrer sur mon territoire.
Va, je te hais abominablement !
Dehors ! cela fait trois fois que je lui dis de partir, il devrait comprendre tout de même.
Et le voilà qui proteste, qui gesticule, mais qui recule quand même vers sa demeure. Ouf ! Je peux me féliciter d’avoir repris la situation en main et d’avoir réussi à jeter cet imposteur hors de chez moi. Vraiment ! On n’a pas idée de s’incruster ainsi chez les gens, de rester contre leur gré, d’étaler sa prétendue culture comme si la confiture allait m’attirer, moi pauvre petite bête sans défense !
Ah ! les gens, de nos jours… On ne peut plus compter sur personne. Les apparences sont éminemment trompeuses, les mines effroyablement dupes.
Tenez, ce voisin à l’air inoffensif, je croyais réellement que j’allais pouvoir n’en faire qu’une bouchée, jeter mon dévolu dessus. Et puis non ! le voilà qui se moque et qui me parle bricolage.
Nous vivons dans un de ces mondes mes aïeux…
Apopiras, perplexe quant à son devenir.
Une longue aile douce et précieuse
Caresse avec lenteur ma joue,
M’emplit de suaves sensations,
Etend les frissons à mon cou,
Sèche mes larmes disgracieuses
Et me murmure ton nom.
A vos Plumes!