En vrac, ici, mon bric-à brac de dilettante...
le coton chatouille ses yeux endormis
et irrite son nez chatouillé.
ses joues se colorent de cette douce vie
qui revient par torrents à lui se connecter.
Hier, ou plutôt cette nuit, j'ai fait un mauvais rêve: j'ai cru que j'étais envahie par des petites bêtes pleines de poils, arrogantes, sentant la naphtaline, enrobées de bubons... Autant dire que je me suis réveillée en sueur, épouvantée !
En fait, j'avais regardé un documentaire sur la vie des animaux en l'an 2054, lorsque la pollution aura provoqué des ravages irréversibles. De fil en aiguille, je me suis tricoté une histoire à ne pas dormir du tout de la nuit. Apeurée, la petite Apopiras. En effet, quoi de plus inquiétant que l'avenir avec ses dysfonctionnements qui ne feront qu'empirer pour encore un certain temps? Une chose, une seule!
Le vide sidéral de ma vie sociale.
Effectivement, je suis rentière et n'ai donc pas besoin de travailler. Je suis un peu bêcheuse paraît-il, mais je n'y peux rien, c'est une tare héritée de mes ascendants. Je suis hors du commun, déjà par mon prénom, alors regardée d'un drôle d'oeil, mais cela ne me dérange pas. Au contraire... J'aime cultiver la différence. Cependant, j'en arrive à un point où tous mes amis travaillent... et sont donc fatigués le soir après leur dur labeur. Point de sortie! Quelle horreur! Je ne peux sortir seule, car ce n'est pas très amusant. Sauf pour aller à la boulangerie afin d'épier les gens.
Alors je m'ennuie. A mourir. Presque, pas tout à fait car mon testament n'est pas encore fait, alors je ne peux partir comme cela, d'un coup de baguette magique. Ouf, sauvée!
Mais je m'ennuie...
Alors j'essaie de m'amuser avec ce qui me tombe sous la main. L'autre jour, c'était le Voisin. Mais il n'a pas joué le jeu, ce corniaud. Aujourd'hui, qu'est-ce que cela pourrait être? Ah oui, la Voisine! ce sera un jeu d'un autre style: l'écoute attentive.
Je vais sonner à la porte de ma Voisine la plus proche, enjouée, ragaillardie à l'idée d'avoir enfin trouvé une occupation pour l'après-midi. Je sonne une fois, pas de réponse. Elle est peut-être dans son jardin, alors je me permets de sonner une seconde fois. Aucun bruit. Je sonne comme une malade à sa porte, mais rien ne se passe à part le bruit strident qui résonne dans la rue.
Cela m'énerve au plus haut point. Elle a dû faire exprès d'aller faire ses courses juste au moment où je tente d'engager la conversation de voisinage. Que faire? M'asseoir dans un coin de sa pelouse non tondue...? L'attendre et rester assise, les bras en croix car déçue?
Non.
Je reprends mon chemin et vais chez la deuxième Voisine. Tant pis pour la première, elle ne sait pas ce qu'elle rate! La deuxième n'est pas là non plus, alors je cours vers la maison de la troisième, absente également et qui me pousse, par son absence, à aller vers la quatrième maison: personne.
Ereintée, époustouflée par tant d'absences autour de moi, énervée d'être seule dans cette abominable rue, je me rue vers la cinquième maison, échauffée. Rapidement, je sonne. Tout aussi rapidement, une dame en bigoudis ouvre la porte et me dit bonjour.
Mais c'en est trop pour moi, de la gentillesse qui dégouline de ses bigoudis relevés en une choucroute innommable (si, je viens de le faire), du sourire qui pend de sa bouche même pas tordue, du caractère avenant exposé à tout bout de bras... Alors je lui hurle:
" Vous ne pouvez pas penser au P.I.B. de la France et aller travailler toute la sainte journée, non??".
Suffoquée, interloquée, ma Voisine, avec qui je pressens que je ne serai jamais amie, me regarde avec des yeux exorbités. Elle a l'air assez peu intelligente comme cela. Alors je lui conseille de prendre ma carte, car je suis coach en image de soi à la petite semaine, sentant qu'elle va avoir besoin de moi dans un avenir très proche.
Elle semble être paralysée d'effroi par mon estocade. J'en profite pour lui préciser que ceci est l'exemple-type des situations où elle ne serait maître d'aucun échange relationnel, et qu'il faut en finir.
Bref, elle pourrait dire de moi (si elle recouvrait la parole) : "Dieu qu'elle est tyran!", comme notre chère diseuse de bonne aventure du coin lorsque nous ne voulons pas lui acheter un morceau de chiffon.
Apopiras, en quête de nouveaux clients.
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Une longue aile douce et précieuse
Caresse avec lenteur ma joue,
M’emplit de suaves sensations,
Etend les frissons à mon cou,
Sèche mes larmes disgracieuses
Et me murmure ton nom.
A vos Plumes!