En vrac, ici, mon bric-à brac de dilettante...
le coton chatouille ses yeux endormis
et irrite son nez chatouillé.
ses joues se colorent de cette douce vie
qui revient par torrents à lui se connecter.
Je regarde, les yeux collés au plafond de la roulotte, les fausses étoiles scotchées avec force par Paulo le Clodo pour de Faux, qui pour de vrai, s’appelle Claudo. Je partage cette roulotte avec Paulo depuis une éternité, mais dans votre monde à vous, les sédentaires, cela signifie depuis des lustres, clair non ?
Les étoiles scintillent et me permettent de rêver pour des petits sous, alors qu’à la fête foraine, à l’Observascope, j’en aurais pour des milliers de pièces…
Mes rêves sont toujours peuplés de lutins. Mais habillés de rose, parme, violine légère. Pourquoi ? Ah ça, faut demander à la diseuse de bonne aventure, qui, accessoirement, fait office de spishiatre, spishatreu, enfin psishiatreu, voilà ! Je me trompe toujours avec ce métier-là. Et puis vous me raconterez ce qu’elle a dit, hein ? Mais faites tout de même attention à vos lignes, celles de la main, car elle baliverne beaucoup, la Momonne !
Parfois, quand Paulo, le Claudo en vrai, rentre dans notre habitation à loyer modéré, il fait beaucoup de bruit car il est joyeux. Faut dire qu’il trinque un peu avec le village entier, alors…
Alors quand il foule le sol, avec les épaules hautes comme celles de Tarquin le Superbe, rapidement il se dérobe à ma vue en général : il s’écroule à terre, ayant indubitablement (enfin, c’est ce qu’il me dira le lendemain) rencontré un cheval. Un deux trois… Nous irons au bois. Mais sans Paulo le Claudo, non le Clodo, enfin Claudo, je m’emmêle les cheveux dans les neurones ! Il restera dans la roulotte à boire de l’eau, à soigner sa gueule de bois le plus rapidement possible, car je vous rappelle que Nanard le Traque-Renard n’aime pas qu’on le mime, lui qui a un menton de bois (à cause qu’il s’est cassé un jour la binette du trapèze, quand il était encore équilibriste financier).
Après la petite promenade dans les bois, nous reviendrons à notre camp car il faut travailler pour gagner sa croûte, à c’qu’on m’a dit.
Moi, je suis le clown. Pomi, car je suis né dans un verger. J’ai une belle salopette bleue pour l’été et une rose pour l’hiver, mouchetées de jaune comme cela les spectateurs croient que des mouches de soleil volent dans notre immense tente lorsque je cabriole. Mon maquillage est assuré par une ancienne maçonne, alors la truelle pour appliquer les fards, elle connaît ! Nanette est devenue maquilleuse parce qu’elle en avait assez de ces rangées d’agglomérés, de ces maisons en lotissement, de ces mal-lotis qui crèchent au creux des ponts pendant que les autres festoient avec de l’oie rôtie au feu de leur cheminée marbrée d’or et d’argent. Le rapport avec le maquillage ? C’est comme quand elle crie « Alea jacta est », parfois on pense qu’elle enrobe et poétise la réalité…
Elle raconte même, la Nanette, qu’un jour elle fut mariée. Vu le fût que c’est aujourd’hui, on peine à la croire… Surtout lorsqu’elle en rajoute, pour que le ciment de son histoire personnelle prenne bien, et nous apprend qu’elle s’est mariée deux fois et que, la troisième aurait été la bonne si, justement, la bonne du curé avait eu cure d’elle : la Nanette s’était fait piqué son promis ! Le curé était abandonné ! Le petit pays était plongé dans l’embarras, l’on disait bien « jamais deux sans trois », mais pouvait-on affirmer « deux virgule cinq sans trois » ? Il fallait être audacieux pour cela, réformer les proverbes… Aie aie aie, le genre du pays était tout autre !
Alors un jour l’institutrice vint voir la Nanette et lui fit lire ceci :
« Robe de mariée sans manches à vendre, a servi 2,5 fois. Bon état ». L’annonce lui plaisait, elle plut également à notre costumière au cerveau costumisé par la poésie courtoise. La Nanette arriva ainsi dans notre caravane ! Inséparables les deux vipères, faut voir ce qu’elles disent sur les hommes…
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Une longue aile douce et précieuse
Caresse avec lenteur ma joue,
M’emplit de suaves sensations,
Etend les frissons à mon cou,
Sèche mes larmes disgracieuses
Et me murmure ton nom.
A vos Plumes!