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  • : Un mot d'ordre :jouons avec les mots, décrivons, écrivons. Actu : Je ne suis plus co-animatrice d'Ecriture Créative depuis quelques jours...parce que j'ai mis en place mon propre atelier d'écriture! c'est la Vallée des Mots, petit endroit vert et douillet où l'on s'amuse avec les...mots!http://fr.groups.yahoo.com/group/valleedesmots/ Marina.P.10.12.2006
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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Samedi 12 avril 2008
Des mois qu'elle ne l'avait pas vue ! Elle se demandait même si elle allait encore la reconnaître... Disons que la Nature fait bien les choses en général et que l'on doit toujours être en mesure de reconnaître à peu près sa mère. Même après tout ce qu'elle vous a fait. Surtout après tout ce qu'elle vous a fait. 
Rien que d'imaginer sa tête, cela prenait un temps fou et demandait surtout une imagination non bridée. Partir de repères familiers, qui, s'ils n'étaient pas familiers ne seraient de toute façon plus des repères. Donc s'accrocher à ce que l'on connaît. Bof ! Que connaît-elle encore de cette vie qui est sortie de la sienne de manière significative il y a de nombreuses années en prétextant que les enfants, ce n'était pas fait pour elle,  et qui, pourtant, fait des réapparitions presque annuelles ? Sa mère doit se prendre pour la sainte-vierge, une femme à pouvoirs magiques qui vous mène à la transcendance en moins de deux minutes. Enfin, surtout si vous êtes près de Lourdes et du bon Dieu.
Elle, avoir une mère, elle s'en fout un peu. Elle ne sait pas en fait ce que c'est d'avoir une mère. Elle a des amies, qui ont bien des mères, mais elles ne lui appartiennent pas vraiment. Elle a bien vu de loin ces relations complices qui s'installent lorsque l'adolescente se fait femme, lorsque la mère se farde légèrement pour se faire moins mère. Elle a observé également ces rires inextinguibles, fous, à la narration de ces escapades improvisées remplies d'anecdotes, de repas partagés, de verres tintant un soir d'été, de tentes plantées au hasard du chemin sous le soleil couchant. Elle a senti de près aussi les conseils pour ces amours si compliquées, mais elle n'a récolté que des échos... 
Alors cette personne qui veut tout à coup être présente à son mariage, ça lui fait bizarre dans le ventre, dans le coeur et l'âme. Cela la remue, lui mélange tout, détruit tout sur son passage.
Elle en parlé à son fiancé. Qui ne voit pas pourquoi il prendrait le risque d'inviter une étrangère susceptible de semer la zizanie... On se souvient bien de ce qu'elle a fait au mariage de Tristan, le frère. Elle a sorti un bon mot sur la belle-fille. Mot qui a glacé toutes les veines palpitantes de l'assemblée. "Ne doutons pas que la mariée sera à son aise dans sa belle-famille, car elle est comme un coquelicot : fleur qui ne se plaît que dans le blé et au parfum qui prend un peu la tête".
Silence.
Ta mère. Oui, j'ai entendu. Chut. Ne rien faire. Applaudir pour désenvoûter le mal ?S'enfuir? La jeter dehors.
Non, définitivement, une personne de cette envergure à son mariage, ce n'est pas de bon présage. En plus, il paraît qu'elle a déjà ses idées pour les robes des demoiselles d'honneur ! Quelle bonne blague ! Elle ne les a jamais vues, les demoiselles d'honneur, et elle voudrait les habiller?
La voilà. Enfin, peut-être. Tourner la tête, faire comme si ce n'était pas elle. Après tout, se rappelle-t-elle du visage de sa fille ?

publié dans : Nouvellettes communauté : Plaisirs d'écrire
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Vendredi 21 mars 2008
Romulus courait, courait à en perdre haleine. Il avait eu une telle frousse qu'il ne se souvenait même plus d'où il était parti ! Ah ! Les coccinelles ! Il détestait cela, brrr... Déjà enfant, il en était totalement apeuré. C'était depuis le jour où Hydrocéphalia lui avait fait cette blague si cruelle.
Hydrocéphalia était née la même année que Romulus, mais elle était plus grande que lui. Ils n'ont que quelques jours de différence mais comptabilisent au moins dix centimètres d'écart (et sans parler de leurs familles, totalement divergentes !).
Romulus, originaire d'une famille plutôt  bien ancrée dans la patrie, argentée, avec beaucoup de privilèges anciens, appartient de fait à cette catégorie de personnes qui ont la chance d'être bien nées, outre celle d'avoir un prénom respecté de tous. Appeler son enfant Romulus est en effet lui conférer un pouvoir surhumain. C'est également faire appel à la mémoire collective et désigner son enfant en exemple. Par conséquent, le comportement de l'enfant en question doit suivre le mouvement ! Romulus a bien essayé, mais...
Sa famille est une vieille famille, du sud du pays, là où l'argent coule à flots, ainsi que les victuailles fraîchement sorties de terre. Romulus adorait, enfant, suivre des yeux ce formidable paysage sans cesse en évolution. Des abricots sortant de terre, s'ébrouant tels des chiots trempés après une longue baignade dans la rivière Plon, des cerises poussant délicatement les mottes de terre afin de naître à la surface de la planète, rouges, à la chair arrondie par un surplus de jus si sucré, des pommes de terre jouant à "fuyons la marmotte" afin de se dégager le plus rapidement possible de ces immenses boyaux de terre...
Romulus, enfant rêveur, était un des préférés de sa mère. Elle le choyait  tout autant que ses autres enfants, mais en son for intérieur, elle le désignait, non sans vergogne, comme un des élus.
Mais revenons plutôt à la course effrénée de Romulus, actuellement.
Il l'avait vue arriver, vrombissant telle une folle. Il avait bien tenté de l'éviter, mais cette bête de malheur l'avait percuté de plein fouet. Il s'était senti en climat anxiogène en un quart de seconde immédiatement à partir du contact établi avec la coccinelle. Pas question d'allergie. Non. Simplement la peur. Bleue. Comme une orange.
Hydro aurait été là, elle se serait étouffée de rire, c'est certain. Tout est de sa faute. Un jour, elle avait eu la très bonne idée de collectionner les bêtes du bon dieu. Dieu lui en voulut donc, puisque ces dernières lui appartenaient. Il faut remarquer qu'Hydrocéphalia n'était pas trop maligne non plus à l'époque: aller piquer les bêtes d'un si haut placé... Fallait forcément s'attendre à du pire qui allait arriver.
Et le bon dieu se vengea sur Romulus, qui éprouverait des peurs paniques à la vue d'une coccinelle, toute sa vie durant.
Il y avait bien la possiblité d'éradiquer toutes ces bêtes du sol, des airs, des mers (où nichaient-elles d'ailleurs?), mais cela allait demander beaucoup de travail. Et surtout, Romulus, ne pourrait rien faire car dès qu'il en aperçoit une, il se met à courir en hurlant de peur, en battant des bras tel un moulin sans vent suffoquant de rage en voyant le vent faiblir en Lettonie. Alors Hydro se mit à compulser tout un tas de livres sur les coccinelles... et finit par se piquer d'amour pour elles.
publié dans : Nouvellettes communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 15 mars 2008
Anatole rentre chez lui, essoufflé, éreinté, apeuré. En effet, il a croisé des portes sur tout son chemin et il parait, selon son horoscope du jour, qu'une porte mal fermée lui porterait malheur. Autant de précision dans un horoscope même pas personnalisé ne s'étant jamais vu, Anatole se rendait bien compte de l'importance du message donc.
Du travail, où il avait lu consciencieusement son menu astral du jour tout en dégustant un café long et sucré avec ses collègues, à sa maison, où il habitait seul et où il voulait aller pour se mettre à l'abri, il y avait exactement six rues. Six, un chiffre sans conteste possible malheureux. Invite au diable, surtout lorsqu'il est triplé. Et Anatole est le sixième d'une fratrie de six enfants. Hélas, trois fois hélas. Le chiffre trois n'est pas forcément de bon augure.. sauf avec des bottes de sept lieues, pour se carapater en quatrième vitesse.
Anatole est quasiment mort de peur. Il pensait bien que cette expression n'était que le fruit d'un illuminé des mots, voulant un jour se faire remarquer... mais à partir d'aujourd'hui, il révérera cette damnée expression. Mourir de peur. Non ! ce n'est pas possible ! Pas lui ! Il a encore tant de choses à faire: semer les poireaux, redécorer la chambre du grenier qui sent le moisi, jouer au tric-trac avec Albert, boire une menthe-calva chez Nénette... Ah la menthe-calva ! Ah la Nénette !
A chaque porte croisée sur son chemin, il sentait son coeur battre la chamade. Comme s'il recevait un coup de foudre. Sauf que ce coup, précisément, n'était pas accompagné d'une charmante dame ! Ah oui ! Tiens, il faudrait qu'il se décide enfin à parler à la Nénette de ... enfin, voilà quoi, disons de l'attirance que... vous voyez, hein ?  On dit toujours qu'il ne faut pas être vulgaire avec les dames, alors Anatole, du coup, il ne sait plus comment présenter la chose !
Anatole, persévérant dans la croyance de son horoscope, se mutilait en voulant rentrer chez lui par des rues qui comportaient des portes... Chaque porte était peut-être LA porte du magazine... Il courait, à perdre haleine, regardant partout, essuyant ses joues balafrées de larmes.
Arrivé chez lui donc, il se rendit compte que son appartement était totalement vide ! Et qu'il n'avait pas eu besoin de loger la clé dans la serrure pour ouvrir la porte...
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Mercredi 12 mars 2008

Appuyez sur le trois. D'accord. Facile. Enregistrez votre message. D'accord. Je sais faire. Souriez. 
Ben pourquoi? Elle me voit la dame quand je parle dans mon téléphone portable? 
Souriez! Eh.. t'énerve pas, M'dame, je suis là, en train de sourire de mon plus joli minois et toi, tu es là à me regarder sombrer dans le noir lac de mes angoisses d'insomniaque perdue dans les tréfonds de mon esprit murmurant de douces complaintes galloises en yiddish.
Sourire effacé. Mais non, M'dame. J'appuie sur toutes les touches que tu me cites. Promis. Peut-être même un peu trop de touches, mais mes doigts sont trop gros je crois...
Bon, on recommence, car l'enregistrement vocal a fonctionné et l'on m'entend t'insulter M'dame.  Enfin, je veux dire, mets un peu du tien aussi... M'dame, allez!
Je veux juste changer le message d'accueil d'un répondeur automatique. 
Je ne veux pas perdre de temps. Ni d'amis. Parce que, là, sans vouloir t'offenser, M'dame, ils ne vont pas me laisser de traces de leur passage, mes amis, avec ce message, sourire ou pas d'ailleurs. 
Appuyez sur dièse. 
D'accord, je sais faire et je te le prouve. 
Effacer. 
Noooon ! Je n'ai rien fait encore !
Appuyez sur dièse pour recommencer
Oui, je le fais, M'dame. Tu sais que ta voix est une véritable dictature? Non, ben maintenant tu es au courant, M'dame.
Souriez!  Pff... 


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Sablier des Jours

Mai 2008
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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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