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  • : Un mot d'ordre :jouons avec les mots, décrivons, écrivons. Actu : Je ne suis plus co-animatrice d'Ecriture Créative depuis quelques jours...parce que j'ai mis en place mon propre atelier d'écriture! c'est la Vallée des Mots, petit endroit vert et douillet où l'on s'amuse avec les...mots!http://fr.groups.yahoo.com/group/valleedesmots/ Marina.P.10.12.2006
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Images de Vie

Vie

 

le coton chatouille ses yeux endormis

et irrite son nez chatouillé.

ses joues se colorent de cette douce vie

qui revient par torrents à lui se connecter.

Mardi 8 avril 2008
Ce foooormidable titre, là, en-haut, n'est pas de moi, mais est une petite pensée de Gide.
En revanche, ce qui suit est de moi (mais vais-je pendant longtemps le dire aussi fièrement ... ;-))

Oreste, affreux moment d'une vie,
tu t'es paré d'une toge couleur lie
et t'es barbouillé du sang paternel
en vouant ton nom aux idées éternelles.

Oreste, ton choix fut funeste,
l'autre l'aurait été aussi du reste.
Electre, trop de morts
autour de ton corps.

Electre, choisir c'est se priver du reste, Oreste.

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Jeudi 12 avril 2007

Prends donc l'habitude que les choses ordinaires arrivent aussi. Giono, Jean (1895-1970)
Le Hussard sur le toit (1951)

Une bande bleue. Une autre, aussi peu nette, blanche. Les contours sont d'un flou... Mais cela donne du mouvement au tableau. Oui, du mouvement, j'aimerais en avoir aussi! J'aimerais en faire! Partir d'ici. Loin. Moi, Aurélie, je suis en train de contempler un tableau que je trouve laid à en mourir et j'aimerais déguerpir d'ici au plus vite, sans cependant froisser qui que ce soit. Je ne suis pas une personne méchante. Je ne suis pas tout à fait bonne non plus. Disons que je ne me laisse pas faire, c'est tout. Et puis je ne suis pas assistante sociale à la fin! Je dois m'affirmer, penser à moi avant tout, les autres, après, s'il reste quelque chose pour eux. Sinon, tant pis, ils iront mendier des sentiments et des attentions ailleurs! J'adore penser comme cela. Même si je sais que ces pseudos bonnes résolutions, envies de fermeté, ne sont que des velléités qui s'éteindront plus vite qu'un feu d'écorces mouillées arrosé par trois mètres cubes d'eau. Je suis comme cela aussi. C'est mon moi, paraît-il, qui déconne. Grave. Ou pas. Je ne suis pas psychiatre, je ne jugerai pas. D'autant plus que je ne suis pas une pro de l'autocritique. Je ne peux m'empêcher de tricher à ce petit jeu. Ce n'est pas méchant, mais je ne peux ignorer l'attrait du mensonge et du non-dit. Finalement, je suis peut-être une personne un peu négative. J'adore l'invention du "un peu", formidable expression qui atténue la plus monstrueuse des vérités. Je suis un peu bête. Ton chandail est un peu horrible. Son raisonnement est un peu inepte en la matière. 

Je suis un peu morte de rire. A l'idée de devoir réouvrir les yeux dans quelques secondes et de trouver encore devant moi ce tableau un peu étonnant en termes de volume, espace occupé et couleurs employées. 

Aurélie, prénom courant. Il faut absolument que je me fasse un prénom! Je ne veux pas tout à fait en changer, mais je veux être l'Aurélie du moment, de la décennie, du siècle. Aurélie la grande penseuse du "un peu", concept post-révolutionnaire de l'idée sous-jacente. A défaut de carburant pour faire tenir la route à ces idées grandiloquentes, j’ai ajouté un A. Aurélia.

Je renais.

Mais le tableau est toujours là. J’ouvre des yeux neufs, comme si l’on m’avait opérée de la myopie… La réalité est tout autre avec un A. Ma vie a changé. Et non pas qu’en surface, je le sais, je le sens. C’est ma vie, je la garde précieusement au creux de mon cœur, de mes mains, je vais la chérir, ne faire que ce dont j’ai réellement envie… Exit le tableau affreux et dont l’art ne me parle absolument pas.

Je sors de ce musée, tente d’arriver vers la lumière, suis attirée par un étincellement si strident que j’en oublie d’entendre la voiture qui freine avec tant d’éclats que les gens, alentour, tournent la tête. Tourner, tout tourne, la roue, la vie, ma vie sous les roues…

par marina.p publié dans : Citations
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Lundi 9 avril 2007

Faire trop longtemps la même chose, au même endroit, à la même heure, cela rend vieux. Bobin, Christian

 

 

 

 

 

Judith se réveille tous les jours à la même heure. Cela ne la dérange pas. Au contraire, cette habitude constitue un repère fort bénéfique à son équilibre intérieur.

Tous les soirs, elle s’endort d’un sommeil sans rêves, après avoir effectué les mêmes gestes, sa toilette, aller aux toilettes, boire son cachet « bonne mine », tapoter son oreiller,  enguirlander le chat parce qu’il saute sous la couette et que Daniel, son mari, déteste cela.

 

Daniel. Son mari. Parfois elle aurait presque tendance à se demander si cela est encore vrai. Ils passent tellement peu de temps ensemble maintenant ! Son travail l’occupe certes énormément, mais même le dimanche ? Judith pense qu’il a une maîtresse. Pourquoi pas ? L’hypothèse n’est pas si fantaisiste que cela, étant donné qu’il ne se passe plus rien entre eux, au motif que madame ne veut pas que sa peau soit pliée, ridée, traversée de creux. Et pour éviter que la peau de madame ne soit donc abîmée, une seule solution : ne pas la toucher.

 

Daniel en aura donc eu assez, un jour, de cette épouse qui vit dans une bulle, qui prétend que vivre c’est se reposer pour après. Après quoi ? Elle ne sait pas, mais n’en démord pourtant pas !

 

Judith est très têtue, Daniel aussi. Le fossé, à défaut de s’être déposé sur le contour de l’œil de Judith, s’est imposé dans le couple.

 

Judith a peur de vieillir seule, mais il est trop tard pour amorcer une autre vie. Elle n’a que de vieilles habitudes dont elle n’arrive pas à se défaire, et de plus, n’a pratiquement aucune confiance en elle.

 

Elle se rend bien compte qu’un changement lui serait bénéfique, bien plus que les crèmes dont elle tartine son visage, ses mains, ses cheveux… Mais elle craint le changement !

 

Avancer, dans la nuit noire de la nouveauté, sans savoir où l’on va…Judith n’y pense même pas !

 

Elle s’attache donc à ses rites. Le matin, un verre d’eau citronnée pour avoir un teint plus qu’éclatant, véritable gant de crin ravigotant l’œsophage ! Le midi, une sieste de quelques instants, après un repas des plus légers. Le soir, des couleuvres à avaler pour être encore plus jeune le lendemain. Point de vie en somme. Il s’agit toujours de ne rien froisser, ni dans la maison, ni la maîtresse de maison.

 

Mais faire trop longtemps la même chose, au même endroit, à la même heure, cela rend vieux.

 

Judith vieillit très très mal. Et a fort mal. Vague à l’âme…

par marina.p publié dans : Citations
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Lundi 12 mars 2007

L'amour est un tyran qui n'épargne personne. Pierre Corneille 

 

 

 

 

Je m'en moque, je regarde par la fenêtre. Je sais que les voisins le savent, mais je m'en moque. Je suis libre. Telle une tempête. Mes regards peuvent détruire, paraît-il, mais je n'en ai rien à faire, parce que mes yeux ne se posent pas sur moi. A quoi cela pourrait-il servir? A voir des parcelles de corps alourdi par les années qui ne dépassent pourtant pas encore le stade critique? A estimer les futurs dégâts? Je ne suis une tortionnaire que pour mes voisins, pas une masochiste pour deux sous. 

Je porte un prénom qui était lui-même porteur des meilleurs espoirs, mais je me suis laissée enfouir dans les méandres de la vie. Laetitia. La joie. Chez autrui, mais point en ma demeure. 

Pourquoi? Je ne sais et ne veux vraiment pas revenir sur l'origine du problème, craignant trop de déterrer des cadavres peu exquis.  

Ma famille ne comprend pas mon but. Car il faut toujours avoir un but dans la vie, paraît-il. Alors j'en ai acquis un, moi aussi. Pour donner l'impression que je suis dans la norme, histoire de calmer les peurs de la troupe familiale. Juste histoire de... 

La vie est une belle histoire, parfois. Chez eux. Car chez moi... 

Je ne me plains pas, je constate. Amèrement. Je n'ai rien à moi, pas même un animal de compagnie. Alors quand je vois mes voisins qui sont forains et qui ont des centaines d'animaux, même en peluche, je défaille! Je suffoque de rage, d'envie, d'ennui, de trouille... de finir seule dans cette vie nullissime.

Je m'en moque. Moi, Laëtitia, petite joie de mes parents, de mes frères et de mes sœurs, oh oh oh reprenons tous en chœur le chant du bonheur. Tss! Je m'en moque. Je ne vois rien de tout cela dans ma vie. Pas de bonheur. Mais je ne suis pas gênée par cette absence de félicité parce que, franchement, ils ont l'air cons quand même mes voisins, béatement heureux! Bravo! Et l'intelligence? Elle est soufflée par la joie et est remplacée par du vide. Oui, du vide. Le bonheur, ce n'est qu'un trou d'air, un rien, une paille, une poussière. Que je voudrais avoir au moins une minute dans ma pauvre vie emplie de riens et de solitude. 

Ah non! Je n'ai pas que du rien dans ma vie sociale et privée! J'allais presque oublier mon espionnage mesquin du voisinage. Je me console en me disant que je me rends compte que c'est mal, que donc le mal est diminué. Logique imparable, puisque.. personne ne me parle. En anglais, to talk to. Un terme est encadré par deux autres, le mot est échangé, la parole passe de l'un à l'autre.  Chez moi, petite joie, le mot se heurte aux murs, au béton armé, à la fenêtre à laquelle je me colle souvent, regardant, épiant, observant, vivant à travers les autres.  

Au-delà de cette fenêtre, il y a...

Il y a toute une vie, tout un tourbillon de sentiments, de ressentiments, de vérités, de mensonges, de douleurs et de joies. Des vraies joies. Pas des ersatz, pas comme moi.  

Je le vois ainsi tous les jours. Déambuler dans la petite rue. Se moquer du ridicule, puisqu'il est déjà attifé comme un clown. Il est sensationnel en vérité. Et voilà pour la première. Vlan!  

Il s'exerce en plein air. Si jamais des enfants se trouvent sur son chemin, il saura tout de suite s'il est drôle. Le test in vivo.  

Je suis certaine qu'il ne sait même pas que je suis là, près de lui et pourtant si éloignée de sa vie. Il ne soupçonne pas mon existence. Comment le pourrait-il d'ailleurs, n'étant pas la tireuse de cartes mais le clown de la caravane?  

Il est svelte, je le sais. Je le sens. Sa salopette est ample et trouée à certains endroits, alors il m'est facile de voir au travers.  

Je suis une spécialiste du voir au travers.  

Personne ne me voit. Ni au travers, ni rien du tout. Personne ne tente rien. Mon père n'est pas vitrier, mais il aurait dû, quand même, juste pour qu'un ou deux faits de mon étrange vie soient aisément expliqués.  

Je vois mon voisin tous les jours. Sauf quand ils sont tous en déplacement. Alors là, je hais sa famille, qui me sépare de lui avant que nous ne soyons unis. Je suis tombée  bêtement amoureuse de lui. L'amour est un tyran qui n'épargne personne. Même pas moi, la non-joie humaine.

 

par marina.p publié dans : Citations
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Sablier des Jours

Mai 2008
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Vivre !

Une longue aile douce et précieuse

 

Caresse avec lenteur ma joue,

 

M’emplit de suaves sensations,

 

Etend les frissons à mon cou,

 

Sèche mes larmes disgracieuses

 

Et me murmure ton nom.

 

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